On se demande ce qui s'est passé pour ce film représente la Belgique pour l'oscar du meilleur film étranger!
Certes l'approche du film est assez audacieuse pour l'époque avec la description "clinique" de deux homosexuels se livrant à de meurtres purement gratuits, qu'ils commettent hilares. Mais ça n'excuse pas une réalisation amorphe, plate, sans le moindre rythme ou idée de réalisation et à l’interprétation rapidement agaçante.
Les 15 premières se tenaient plutôt bien avec un certain malaise dans la mise en place des personnages puis dans l’exécution du premier assassinat où un innocent cycliste se prend une balle dans le dos, continue de pédaler, totalement hébété, et ne comprenant pas pourquoi ses assassins en voiture continue de le suivre pour se moquer de lui. Une longue séquence où le champ contre-champ et le jeu des regards ne manquent pas d'une amère cruauté. La dilatation du temps et la répétition du montage finissent par créer un curieux sentiment, entre l'absurde, l'irréel flottant et le sadisme. D'un autre côté son étirement provoque en même temps une lassitude par son procédé martelé et on se demande quand même si tout ça ne repose pas sur une certaine maladresse. La suite donne envie de penser qu'il y a une bonne part d'amateurisme dans la technique vu l'absence flagrante de rigueur, voire de "cinématographie" dans son sens large avec l'impression de se retrouver devant un de ses polar français des 60's désormais invisibles (et à juste titre) filmés entre deux guéridons, trois portes, une route de campagne et une triste boite de nuit aux clients dépressifs.
Plus l'histoire avance et plus sa vacuité se précise pour des personnages agaçants jusqu'à une fin totalement bâclée. Vraiment dommage car il y avait matière à faire un grand film glaçant dans sa peinture sans jugement d'un duo pervers de détraqués qui ne manquent pas de tendresse l'un envers l'autre.