J'ai appris l'existence de ce film en tombant par hasard sur une scène devenue célèbre sur le web anglophone. Ryan O'Neal, débarquant en voiture sur une plage pour lire une lettre (?!). Il apprend que sa femme le trompe, et tourne sur lui-même à la première personne en s'exclamant "oh man oh god", au gré d'une musique pompeuse.

Une scène aussi ridicule qu'amusante, qui laissait espérer que "Tough Guys Don't Dance" (titre tout aussi ridicule !) était une pépite cachée du nanar américain. Une sorte de "The Room" avant l'heure.

Malheureusement ce n'est pas le cas. Il s'agit d'un navet sans intérêt, si ce ne sont quelques scènes profondément idiotes. Par exemple, un passage en flashback raconté par un personnage... qui n'est pourtant pas dans les scènes ! Ou évidemment cette fameuse séquence de plage. Que le réalisateur a tenue à garder, malgré les véhémences d'un Ryan O'Neal peu dupe sur le résultat, du producteur, et de divers membres de l'équipe. Quoiqu'avec le recul, c'est elle qui donne aujourd'hui sa petite notoriété à ce film, qui essuya un sérieux bide à l'époque.

En même temps, "Tough Guys Don't Dance" est profondément bancal. Une histoire de sexe, de drogue et de meurtres sur la côte Est américaine. Le héros est un romancier alcoolique (Ryan O'Neal, amorphe) qui oublie régulièrement ses soirées. C'est pratique pour créer du suspense, sauf que ça ne sera jamais vraiment utilisé. Tout nous est raconté au fur et à mesure, dans une intrigue laborieuse, avec zéro tension.

Le protagoniste subira plus qu'il n'agira (et encore, c'est son père qui fait le sale boulot !). Entre des couples et des personnages auxquels on ne croit pas une seconde. John Bedford Lloyd cabotinant en millionnaire excentrique dont on se demande ce qu'il fait là (lui aussi, sans doute). Wings Hauser tout aussi exubérant en psychopathe ostensible et camé... qui s'avère être le chef (et visiblement unique membre) de la police locale (!). Seule Isabella Rossellini s'en sort correctement dans un rôle pourtant incohérent au possible d'ancienne amante.

Le tout dans une image délavée et terne typique d'un téléfilm de l'époque. Toutefois il s'agissait bien d'un film de cinéma, doté d'un budget décent. On parle d'entre 5 et 10 millions de dollars. Pour comparaison, "Predator", sorti la même année, en avait coûté 15... Il faut dire, c'est une production Cannon, les célèbres filous Golan & Globus étant peu connu pour leur intégrité artistique.

Pourtant, "Tough Guys Don't Dance" n'avait a priori rien d'un scénario torché et filmé par un yes-man quelconque. Norman Mailer a réalisé et écrit cette adaptation de son propre roman. Il n'était pas un novice, ayant pondu plusieurs best-sellers et réalisé quelques long-métrages. Sans surprise, ce sera là sa dernière réalisation.

Redzing
1
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 1987

Créée

le 13 août 2025

Critique lue 27 fois

Redzing

Écrit par

Critique lue 27 fois

2
2

D'autres avis sur Les vrais durs ne dansent pas

Les vrais durs ne dansent pas

Les vrais durs ne dansent pas

1

Redzing

5196 critiques

Oh man ! Oh god ! Oh man ! Oh god !

J'ai appris l'existence de ce film en tombant par hasard sur une scène devenue célèbre sur le web anglophone. Ryan O'Neal, débarquant en voiture sur une plage pour lire une lettre (?!). Il apprend...

le 13 août 2025

Les vrais durs ne dansent pas

Les vrais durs ne dansent pas

4

FrankyFockers

4042 critiques

Critique de Les vrais durs ne dansent pas par FrankyFockers

Jusqu'à il y a peu, j'ignorais que l'écrivain Norman Mailer avait aussi réalisé 4 films, et je découvre donc ce néo-noir fin 80's, inspiré d'un de ses livres, qui est un objet aussi intéressant que...

le 13 janv. 2022

Du même critique

Athena

Athena

7

Redzing

5196 critiques

Les Trois Heures du Condé

« Athena » semble avoir divisé son public. Entre ceux qui y ont vu enfin un film français flamboyant à la mise en scène ambitieuse, et ceux qui ont pointé du doigt un film vide de sens, destiné à de...

le 29 sept. 2022

Sisu - De l'or et du sang

Sisu - De l'or et du sang

7

Redzing

5196 critiques

Finnish him !

A travers cette histoire d'orpailleur vagabond harcelé par les Nazis, Jalmari Helander livre un hommage assumé au premier Rambo, dont il reprend la structure narrative. Ici, notre homme est un ancien...

le 29 mai 2023

Le Dernier Mercenaire

Le Dernier Mercenaire

2

Redzing

5196 critiques

Et pourtant il l'avait prédit...

En 2001, alors qu'il fait la promo de "Replicant", Jean-Claude Van Damme est invité sur un plateau télé français. Il expose, dans un franglais plus ou moins cryptique, les principes de ce qui...

le 30 juil. 2021