Sorti directement pour le marché de la vidéo en 1990 , Les Willies restera le seul et unique film de l'acteur et producteur Brian Peck qui nous propose ici un film que l'on pourrait situer de manière un peu caricatural comme au croisement des Goonies et de Creepshow . En effet Les Willies est un film à sketch horrifique mais clairement (et malheureusement) orienté vers un assez jeune public.
Dans Les Willies on s’invite donc dans une tente de camping ou trois adolescents se racontent des anecdotes et des histoires effrayantes mais prétendument véridiques.
Le film commence façon mitraillette avec trois mini histoires en moins de quinze minutes qui servent aussi à introduire les trois personnages principaux et la mécanique globale du film. D'emblée devant les rares jets de sang vert, le ton clairement humoristique et la légèreté des récits on sait qu'on s'oriente plus vers une ambiance Chair de Poule que Creepshow. Pourtant on trouvera quand même dans cette introduction pré-générique quelques petites raisons de frissonner de plaisir notamment avec deux membres du casting de Twin Peaks dans de très courts rôles ( Kimmy Robertson et Dana Ashbrook) et un caniche qui explose dans un micro onde même si c'est pour finir dans une flasque de viscères jaunes pas très crédible. La suite sera plus posée, presque trop, avec simplement deux histoires pour occuper les 80 minutes restante du film. C'est dommage que du coup les trois gamins n'est pas leur propre histoire un peu plus longue à raconter ce qui aurait sans doute dynamiser un peu le rythme du film. Le premier récit n'est pas inintéressant en matière d'écriture puisqu'il est question d'un gentil gosse à lunettes victime de trois couillons de sa classe et qui décide plus ou moins consciemment de se venger avec un monstre tapis dans les toilette. Si on parle de harcèlement scolaire, de meurtres d'enfants, d'une part sadique dans le plaisir de la vengeance , le récit désamorce toute sa noirceur par un traitement volontairement léger et divertissant et une mise en scène assez insipide qui ne va jamais souligner les zones sombres de son intrigue. Déjà un poil trop long , pas assez percutant malgré sa noirceur intrinsèque, ce premier long sketch sans être mauvais est déjà une douche froide sur les maigres espoirs fondés sur le début du film.
Le second et donc dernier récit sera exactement du même acabit que le précédent, portant lui aussi une certaine noirceur dans son intrigue mais refusant d'y plonger corps et âmes. Cette fois ci nous allons suivre un adolescent solitaire, rondouillard, avec un zozotement dont le passe temps préféré et un peu glauque consiste à arracher les ailes des mouches en écoutant de la musique classique et faire des dioramas avec des mouches crevés qu'il met en scène dans une joyeuse célébration morbide. Le genre de nerds pas foncièrement sympathique et même franchement inquiétant au registre de futur serial killer en puissance. L'histoire est doublé d'une sous intrigue avec un paysan faisant pousser des légumes gigantesques à l'aide d'une substance de sa création. Des petites mouches, une substance qui fait grossir démesurément les éléments de la nature, vous aurait sans doute deviner la suite d'un récit qui vire à un peu à l'absurde avec toutefois une amusante touche de cruauté pas désagréable. Encore une fois l'intrigue pouvait carrément virer à la noirceur absolue en explorant jusqu'à se perdre dans les délires morbides de son personnage, mais ce n'est clairement pas le ton choisit par le long métrage qui encore une fois s'adresse à un jeune public.
Niveau casting on retrouve parmi les trois gosses de la tente, Sean Astin avec un pote qui le supplie de ne pas leur raconter encore son histoire de bande de gamins et de bateau pirate et Joshua John Miller (Le gosse de la horde de vampires de Near Dark). Comme pour ses dix premières minutes le film comporte quelques caméo et des visages plus ou moins connus avec Kirk Cameron, Clu Gullager ou James Karen. Le film souffre globalement de ne pas avoir trouver le ton juste , car en creusant la noirceur de ses courtes intrigues pour révéler les zones d'ombres et les angoisse de l'adolescence le tout soutenu par une mise en scène moins passe partout on tenait potentiellement une petite merveille.
Les Willies reste au bout du compte un film un petit film horrifique gentillet à se caler pour Halloween avec des gosses qui aiment se faire peur en se gavant de sucreries. Quand on voit un tel potentiel de noirceur sacrifié au nom du divertissement on peux se lamenter sur la déception ou se réjouir du léger poison distillé derrière la farce macabre.