Pas si mal ce polar psychologique tourné en noir et blanc dans une petite ville des montagnes autrichiennes! Le scénario est certes assez léger mais Hossein réalisateur parvient à créer un climat intrigant, entre l'ambiance claustrophobique de chambres d'hôtel tout sauf glamour et des décors bucoliques de forêts et de pâturages. Le cinéaste se permet même quelques audaces formelles comme ce très long panoramique d'ouverture sur un cortège d'enterrement qui suit un pré-générique ultra-rythmé à l'américaine, ou encore ce plan étonnant où le policier chargé de l'enquête s'adresse directement au spectateur les yeux dans l'objectif. On n'est pas chez Antonioni ou Godard mais on apprécie cette surprenante liberté de ton. Michèle Morgan (qui ne craint pas d'arpenter les chemins forestiers en talons hauts) joue la femme mystère face un Robert Hossein en menuisier droit dans ses bottes et une jeune Marie-France Pisier parfaite en amoureuse espiègle et un brin perverse dont l’ambiguïté contraste avec les rôles très carrés de ses partenaires. Et comme Hossein a le bon goût de faire des films courts, on n'a pas le temps de s'ennuyer ou de s'attarder sur le manque de crédibilité de l'intrigue.