Leto m’a marqué par l’équilibre entre son sujet et la manière dont il est mis en scène. On y suit la jeunesse soviétique des années 80, partagée entre désir de liberté et contraintes du régime, dans un récit qui reste fluide et sans excès. Ce qui m’a le plus frappé et ce que j'ai le plus aimé, c’est sa photographie. Les cadrages sont d’une précision remarquable : chaque plan semble pensé pour raconter quelque chose à lui seul. La manière dont sont filmées les scènes collectives (celle de la plage en particulier) capturent l’énergie d’un moment sans le fragmenter, donnant au spectateur le sentiment d’y être. Les passages en noir et blanc installent une atmosphère à la fois intime et intemporelle, tandis que les rares touches de couleur, placées avec soin, font ressortir des instants clés. Le montage des séquences imaginaires, presque oniriques, apporte une respiration poétique et un contrepoint au réalisme des autres scènes.
La bande-son, portée par David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop, dialogue parfaitement avec les images. L’histoire sentimentale, tout en retenue, avance par regards et silences, ce qui la rend d’autant plus touchante.
Certaines chansons du film faisaient partie de celles que j’écoutais à l’adolescence et dans ma jeunesse ; les retrouver ici, intégrées à une esthétique aussi travaillée, a réveillé un écho personnel vraiment très très fort !