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le 31 déc. 2015
SuivreRêver pour survivre
Survivant oublié de ma tribu massacrée, je parcourais mon territoire dans la forêt amazonienne, sans craindre les rencontres. Je me fondais dans la nature, laissant le moins de traces possibles, sauf...
Dans L’Étreinte du serpent, deux explorateurs occidentaux s’enfoncent au cœur de l’Amazonie guidés par un chaman autochtone, dans l’espoir de percer les secrets d’une plante sacrée. Le film met en lumière, avec une intensité visuelle et symbolique rare, l’aveuglement d’un savoir occidental persuadé de tout comprendre, tout expliquer, tout classifier. Ce récit, construit comme une fable hallucinée, illustre le refus obstiné des colons d’imaginer d’autres formes de pensée, d’autres rapports à la nature, d’autres visions du monde.
Cette arrogance, qui faisait des peuples indigènes de simples objets d’étude ou d’assistance, n’a pas disparu sans laisser de traces. Mais l’aide publique au développement française, aujourd’hui, s’inscrit à rebours de cette posture coloniale. Loin de toute volonté d’imposer un modèle, elle repose sur une conviction fondamentale : les savoirs se construisent à plusieurs, dans le respect mutuel, et face aux défis globaux, aucune société ne détient seule la solution.
Comme L’Étreinte du serpent le suggère, il ne suffit pas de traverser la forêt pour la comprendre ; il faut écouter ceux qui l’habitent, ceux qui l’honorent, ceux qui savent ce que signifie y survivre sans la détruire. De la même manière, l’APD (Aide Publique au Développement) ne vise plus à “sauver” les pays du Sud, mais à apprendre avec eux, à co-construire des réponses aux fléaux communs : le réchauffement climatique, la déforestation, la perte de biodiversité, les inégalités croissantes entre autres !
N’en déplaise à Sarah Knafo et aux extrémistes de droite, à ceux qui voient encore dans cette aide un outil néocolonial, elle incarne aujourd’hui une autre manière d’être présent : en appui, pas en surplomb ; dans l’échange, pas dans l’appropriation. Loin de considérer les pays du Sud comme de simples réservoirs de matières premières, il s’agit désormais de reconnaître leur rôle essentiel dans la stabilité et le futur de notre planète. C’est là l’exact opposé de ce que le film dénonce avec force et poésie : une mainmise culturelle et mentale qui refuse obstinément de reconnaître la valeur de ce qui ne lui ressemble pas.
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Créée
le 17 juil. 2025
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le 31 déc. 2015
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