Un sujet au cinéma qui m'apparait bien en avance sur son temps. Je ne vois d'ailleurs pas trop quel film au niveau mondial serait venu évoquer avant lui et même jusqu'aux années 50, la découverte de la sexualité à l'adolescence, les premiers émois érotiques, confrontés aux normes éducatives conservatrices (bien que Takashi Shimura soit le contrepoint relativement progressiste ici - certes encore trop paternaliste pour nos mentalités actuelles) ? La confrontation générationnelle du "Rendez-vous de Juillet" (1949), qui me vient à l'esprit, exalte la soif de liberté, de renouveau, d'émancipation de la jeunesse d'après-guerre mais ne se préoccupe pas de sa sexualité.
Rq: Les interrogations philosophiques du peintre Noshiro sont intéressantes. Il parlera du progrès humain ayant exclu celui de la sexualité et peu avant, du rapport tragique que la société entretient avec la mort, raison pour laquelle l'existence semble si pesante (en substance). Il serait tentant de lire le film au regard de ces deux problématiques. Peut-être Naruse a-t'il en tête ce constat anthropologique voulant que la libéralisation sexuelle, d'un point de vue naturaliste, ait bénéficié des progrès en termes d'espérance de vie, affranchissant les humains de l'impérieuse nécessité de procréer ? Enfin le bout du tunnel !
6,5/10