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le 4 août 2026
SuivreElevated horror for dummies
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En ce moment et depuis quelques années, le genre horrifique (et le film de genre en général) ne cesse de nous révéler des cinéastes talentueux qui le renouvellent en profondeur. Après les années elevated horror et un mois de mai dominé par les Youtubeurs (avec les succès phénoménaux de « Backrooms » et « Obsession »), voici une œuvre encore plus intéressante venue d’Australie. Encore une fois, c’est un premier film et on peut aisément affirmer qu’il est maîtrisé de bout en bout et augure du meilleur pour son réalisateur. Adrian Chiarella nous conte une histoire d’amour gay fondue dans un récit horrifique, baignant lui-même dans la religion. C’est par ce prisme qu’il va dénoncer avec force et fracas l’absurdité des thérapies de conversion pour les queers, notamment dans les milieux ruraux et ouvriers.
« Leviticus » prend donc logiquement place dans une petite ville industrielle, isolée et très pauvre de l’État de Victoria, en Australie donc. Parfait décor que l’on pourrait comparer à ceux des petites villes similaires du Sud profond des États-Unis. Des endroits conservateurs, où l’éducation est fort centrée sur la religion et où celle-ci vire parfois à l’obscurantisme. Bref, le genre de place où il ne fait pas bon être gay. Chiarella dépeint vite et bien les contours sociologiques du lieu de son intrigue. Les horribles usines en arrière-plan de banlieues pauvres et anonymes d’où l’Église semble être l’épicentre. Le parfait décor pour la bigoterie et certaines croyances. Et celui où peuvent se déployer des thérapies de conversion pour remettre des jeunes homosexuel(le)s sur le « droit chemin ». La religion chrétienne dans ses croyances radicales propres à certaines Églises comme une certaine catégorie de la population, profondément bigote et homophobe de génération en génération, est bien dépeinte sans jamais verser dans l’excès. Et ça fait froid dans le dos.
Le titre du film est justement fort à propos puisque c’est dans le Lévitique que les principaux versets supposément homophobes sont écrits. Et lorsque se dévoile une histoire d’amour, très touchante, entre les deux protagonistes, on sent le malaise que cela risque de créer dans leur communauté très croyante. Plus originale est la menace fantastique que propose « Leviticus » puisqu’elle s’incarne en la personne aimée. Cette étonnante et admirable idée, faisant parfois penser à celle du tout aussi métaphorique du génial « It follows », est parfaitement exploitée à son plein potentiel, occasionnant quelques séquences chocs. On aurait certes aimé davantage frissonner et un climat encore plus malsain mais le film est vraiment original et réussi. Sur la forme, le travail est admirable et ne tombe jamais dans la préciosité prétentieuse de certains films d’horreur à la mode. Quant à la dénonciation pure et simple de cette aberration représentée par ces pratiques moyenâgeuses, elle est implacable. Il y a même parfois une certaine poésie qui se dégage de cette œuvre aussi déchirante qu’effrayante. Un premier film impressionnant de maîtrise.
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Créée
le 21 juin 2026
Critique lue 674 fois
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