Le titre du premier long-métrage de Oualid Mouaness, Liban 1982, dit tout de sa toile de fond, avec le début de l'intervention militaire d'Israël au sud-Liban, le 6 juin de cette année-là, mais rien des véritables enjeux du film, qui se déroule au nord de la guerre, dans la périphérie de Beyrouth. A l'intérieur d'une école privée, un jour d'examen, Liban 1982 suit deux fils narratifs parallèles, l'un chez les adultes, l'autre chez les collégiens. Celui des grands est assez peu passionnant et approfondi, malgré la présence de Nadine Labaki, au contraire de celui des petits avec non seulement une histoire de protection et d'amour au cœur tendre mais aussi la vision d'un événement vécu à hauteur d'enfant. La mise en scène n'a rien de prodigieux mais elle est dépourvue d'artifices dans un naturalisme qui se teinte parfois de poésie et de fantaisie, notamment en son dénouement. Le film est dédié au "peuple résilient du Liban", guère épargné par les conflits depuis 1975. Il n'a pas l'ambition d'être une chronique historique au sens propre du terme, mais se révèle empreint de nostalgie, celle du réalisateur, non pour le conflit mais pour l'enfance, évidemment, qui ne se nourrit pas que de moments heureux. En comparaison avec le choix libanais pour concourir à l'Oscar 2022 du meilleur film international (Costa Brava, Lebanon, avec également Nadine Labaki), Liban 1982 est sans nul doute en dessous mais n'en possède pas moins un certain charme, comme un parfum évanescent.

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le 10 déc. 2021

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