Timbre sonore palpable, incarné, mais exercice de style trop sec, trop essentiel pour m'émouvoir. S'en tenir à une telle radicalité, cela suppose à mon sens qu'on accorde une priorité au travail de la forme, au détriment du propos (quand bien même je connais l'engagement du réalisateur sur le sujet, "Le combat dans l'île"...). Ici, une définition générique de l'oppression et de la résistance dans un régime totalitaire. Mais peut-être Alain Cavalier refuse -t'il délibérément l'émotion, en la considérant comme un vecteur de trivialité ? On me répondra, "mais pas du tout, quantité de plans communiquent l'effroi, la drame" ! Oui oui oui, mais c'est un travail de l'abstraction qui me perd, voilà !
Inépuisable discussion sur la valeur du général par rapport au particulier, de l'abstraction vis-à-vis du figuratif ou du narratif. Le film ne fuit pourtant la narration, par addition de motif symbolique, mais l'ensemble...m'étouffe ! On me dira encore, "objectif réussi dans ce cas, vu le sujet" ! Oui, mais bon, non !!!