Un film de guerre sans guerre ... basé sur des faits réels… ou presque ?

🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/onKJMXo5asw

🔴 Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + Libertate" sur YouTube !

👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !🔴

On entend d’abord les bruits. Des cris, des ordres, des pneus qui hurlent. On ne sait pas encore si c’est la guerre ou juste une répétition du chaos — mais ça claque sec, comme une gifle dans un couloir vide. Libertate, de Tudor Giurgiu, reconstitue les événements de décembre 1989 à Sibiu, mais il ne filme pas la révolution : il filme sa panique. Celle qui tord les nerfs, qui rend sourds aux ordres, qui fait tirer avant de comprendre. Ce n’est pas un récit, c’est une impasse. Et c’est peut-être là que ça se perd.


Il y a, dans le décor, tout ce qu’il faut : la ville quadrillée, les immeubles percés d’ombres, les militaires débordés par l’Histoire. Et il y a cette caméra mobile, souvent plaquée aux corps, qui cherche la vérité dans les interstices — dans les doutes, les tremblements, les hésitations. Mais à force de suivre tous les fronts, le film s’épuise. Il crie fort, mais ne dit pas grand-chose. Il montre l’erreur, le quiproquo, le feu qui se croise entre amis — et cela suffit peut-être à dire la folie de ces heures, mais pas à la faire ressentir autrement qu’en surface.


Les comédiens tiennent leur partition, parfois trop bien. Alex Calangiu, Andi Vasluianu, Ionuț Caras : des visages connus, crédibles, qui font le job. Mais on cherche un regard, une faille, un point d’ancrage — quelque chose qui dépasse l’archive. Le film documente, il ne transcende pas. Et la tension finit par ressembler à une routine : on court, on se planque, on hurle encore. Il manque un silence, une respiration, un vertige.


La reconstitution est honnête, précise, appliquée — presque scolaire. Les flashs de violence sont réels, tangibles, mais ne laissent pas de trace, ou si peu. Tout se vaut, tout s’écrase. Et quand le film tente de ralentir, de prendre un peu de hauteur, c’est souvent trop tard : l’émotion est restée coincée entre deux portes. On comprend la volonté — faire mémoire, sans fioriture, sans mythe — mais le style étouffe. C’est sec, c’est brut, mais c’est aussi un peu vide.


Libertate aurait pu brûler. Il aurait pu fracturer l’image figée d’une révolution fantasmée. Il choisit la poussière, le béton, les tirs amis. C’est un choix. Mais il manque de souffle, de chair, de trouble. Et il repart comme il est venu : en feu croisé.

Le-General
4
Écrit par

Créée

le 26 mai 2025

Critique lue 152 fois

Libertate

Libertate

5

Cinephile-doux

le 10 nov. 2023

Suivre

La piscine du chaos

Et soudain le chaos régna dans la ville roumaine de Sibiu, comme dans tout le pays, en ce mois de décembre 1989, synonyme de révolution et de déchéance du dictateur Nicolae Ceaușescu. Liberate nous...

Libertate

Libertate

8

LaRouteDuCinema

le 5 juin 2025

Suivre

Dans la piscine de Ceaucescu

En décembre 1989 aussitôt après la chute, la fuite et l'exécution de Ceaucescu, le dictateur qui avait placé son peuple sous la terreur et dans une extrême pauvreté, le sort des roumains ne...

Libertate

Libertate

4

Kipout35

le 25 mai 2025

Suivre

Critique de Libertate par Kipout35

L'idée du film est pas mal mais au fil du temps ça devient ennuyeux

L'Objet du délit

L'Objet du délit

6

Le-General

le 28 mai 2026

Suivre

Ce film sur MeToo cache en réalité quelque chose de bien pire

Au départ, L’Objet du délit ressemble à un film très simple. Une accusation éclate pendant la préparation d’un opéra, les tensions montent, chacun doit prendre position. Mais plus le film avance,...

Juste une illusion

Juste une illusion

7

Le-General

le 15 avr. 2026

Suivre

Ce film va te ramener directement en 1985 (et ça fait bizarre)

Il y a des périodes qui ne s’oublient pas. Pas parce qu’elles étaient belles. Mais parce qu’elles étaient floues. Juste une illusion, c’est exactement ça. Un souvenir qui tremble. Nous sommes en...

Babygirl

Babygirl

3

Le-General

le 17 mars 2025

Suivre

Cette obsession à vouloir faire du désir féminin une grande déclaration ...

_____Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes: https://youtu.be/sSVYyyi2ZPU👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! ...