A l’instar de Boogie Nights, où PTA questionnait les 70s et 80s au travers de l’industrie pornographique, Licorice Pizza, lui, se perd dans la juxtaposition de scènes parfois drôles souvent quelconques.
Les ouvertures des deux films sont d’ailleurs similaires dans leur forme mais divergente sur le fond. Celle de Boogie Nights offrait un vision d’ensemble de nos personnages et initiait les doutes et aspirations de chacun avec brio et inventivité alors que le presque plan séquence de Licorice Pizza ne peint que la rencontre de nos personnages dans leur petit monde. On pourrait d’ailleurs résumer le film à celui-ci : techniquement très bien réalisé et maniériste (jeu de miroir pour présenter nos protagonistes dans le même plan), une direction d’acteur toujours à la hauteur (Alana Haim au début envoutante mais pas jusqu’à la fin) et une intrigue de teen-movie sans l’inconvénient d’être attardé mais sans non plus l’avantage de projeter des idées ou des sentiments intéressants.
2h14 durant lesquelles nous suivons nos deux juvéniles dans le Los Angeles des années 70s surexposé. Les scénettes se suivent, les liens entre elles sont disparates, certes on rigole élégamment, et à la fin on ne passe pas un mauvais moment, mais on ne sait pas pourquoi ce moment passe ni quoi en retirer. Il convient alors de perdre plus de temps à comprendre l’attrait du film en égrainant les sites sur lesquels on cherche des nombreuses anecdotes sur le tournage :
- Cooper Hoffman fils de l’acteur fétiche
- Alana Haim chanteuse d’un groupe dont PTA réalise les clips
- Brad Cooper en Jon Peters
- Sean Penn en William Holden
- Licorice pizza, référence à un magasin de vinyles
- Filmé en 35mm et production de bobine gonflé en 70mm
- etc...
Avec ce film, Paul Thomas Anderson donne l’impression d’un réalisateur, certes incontournable, mais qui par moment passe plus de temps à dialoguer et regarder son égo que son public. En un mot : un film caprice.
En voyant Licorice Pizza, on se dit finalement que l’industrie du cinéma doit se porter à merveille pour que celle-ci finance un film de 40 millions de dollars dont en fin de compte, la seule finalité est de filmer les 70s sous couvert de pérégrinations adolescentes.