Oh, toi, tu m’enquiquines !
John Janowicz nous offre ici son premier long-métrage, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il vise un peu trop haut avec un tel degré philosophique. Ce qui fait de Life Like un film assez… particulier.
Je ne dirais pas ”mal maîtrisé”, mais plutôt maladroit et présomptueux dans l’ensemble.
Sophie et James acquièrent un androïde afin de les aider dans leur vie de tous les jours. Mais dès l’arrivée de l’artificiel dans leur quotidien, leur couple va devoir affronter des épreuves qu’il n’imaginait pas.
Jusque-là, tout est ok.
Pitch génial, au potentiel incroyable, mais… , j’ai eu l’impression de regarder un film d’art et essai sur fond de SF pendant 1h30. Non pas que j’ai du mal avec le genre, mais la lenteur du propos donnerait presque l’envie de gueuler sur son écran pour que les personnages soient un peu plus réalistes dans leurs dialogues. Généralement, j’adore la ”soft” SF (comme l’excellent The Lobster, par exemple). Les films de ce genre mettent bien souvent mal à l’aise en perturbant nos repères spatio-temporels, mais là, on a clairement affaire à un téléfilm (surtout au vu du maigre budget d’à peine 2 millions de $…) ; un acting assez basique, des plans très (trop) lisibles, et un scénario un tout petit peu surprenant. TOUT PETIT PEU VOUS DIS-JE.
Le pot aux roses, pour moi, c’est la direction de Steven Strait. Je sais que c’est un argument qui sera facilement contré par l’intention du propos, mais pourquoi nous faire douter dès ses premières apparitions ? On ne sait plus sur quoi se concentrer, du coup.
Et puisqu’on parle de pourquoi… Pourquoi nous retourner le cerveau si loin dans l’intrigue qu’on en viendrait presque à s’en foutre finalement de Sophie et James ? J’en avais clairement plus rien à faire de leur couple… Tellement il y avait un canyon à explorer !
Vous comprenez le dilemme ?
Life Like, c’est une idée de génie, qui est d’ailleurs exploitée depuis des décennies au cinéma, mais qui n’a pas su se concrétiser au vu de la complexité de son propos initial ; l’infime limite qui sépare l’humain de la (beaucoup trop nouvelle) IA, et surtout… disons-le, d’une fougue de son réalisateur, peut-être encore un peu trop frais pour se lancer dans de telles réalisations métaphysiques.