Le sujet, particulièrement tabou en Pologne, a de quoi en faire rire certains. Et pourtant, nul de devrait ignorer la souffrance de l’un, de l’autre, ni même de son pire ennemi, aussi différent soit-il. « Ligne d’eau » dépeint la perdition d’une classe sociale fragile influencée par les courants politiques d’un pays qui n’a jamais était en proie au changement alors que le monde, lui, évolue continuellement. Et il le fait d’une très belle manière, sans jamais manipuler les concernés (directs et indirects) mais aussi et surtout en donnant une image réaliste de troubles psychologiques provoqués par la volonté de l’acceptation. Mateusz Banasiuk et Bartosz Gelner, les deux jeunes héros du drame, réalisent une prestation de très haut vol et prouvent qu’il n’est pas forcément utile d’avoir passé une partie de son existence devant la caméra pour épouser à merveille les contours de l’outil de tous les possibles. « Ligne d’eau » est une immersion rare dans une Pologne qui, quelque part, semble encore se chercher et peine à évoluer.