Il est difficile d’appréhender ce film, qui se veut généreux et réaliste, traitant de la difficulté que rencontrent les jeunes gens à vivre pleinement leur homosexualité dans une Pologne rétrograde. On y trouve d’incroyables qualités, à commencer par l’interprétation (excellente), des plans (aquatiques notamment) magnifiques et quelques belles idées de mise en scène. Seulement voilà, là où l’on s’attend à un discours fort relayé par des images choc ou des situations marquantes, le réalisateur fait le choix d’un statisme exacerbé, où les scènes, plus lisses les unes que les autres (à une exception près, à la toute fin), s’accumulent provoquant à force un ennui perturbant. De ce Brokeback Mountain, version slave et sans mountain reste toutefois un bon petit film qui a le mérite d’évoquer un sujet occulté par les pouvoirs publics polonais.