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Une fois n'est pas coutume, je trouve que le synopsis résume parfaitement le contenu du film. Un aperçu de la vie de cet homme mort en 2020. Je ne le connaissais pas et me suis donc informée sur les internets mondiaux qui savent tout. Le gars ne semble pas être un garçon très fréquentable, fondateur d'un parti nationaliste interdit depuis 2007, fan de Staline, soutien de la politique de Poutine et qui aurait bien vu Kasparov en chef d'Etat... Reconnaissons lui de n'être ni raciste, ni antisémite, ni homophobe (selon ses dires). Malgré son CV peu recommandable, le réalisateur semble être admiratif du bonhomme et en fait plutôt un trublion punk et trash sans envergure qui passe de la notoriété au statut de SDF puis majordome à ramasser le vomi chez un bourgeois de la 5ème avenue.

Tout n'est pas toujours limpide et ce sont sans doute les conditions de survie de Limonov qui le passer d'idéaliste à fasciste mais il faut reconnaître que côté réalisation on frôle parfois le génie avec des fulgurances visuelles incroyables, notamment lors des scènes où Eddie traverse le temps et les décors pour passer à une époque et des endroits différents, l'acteur ouvre des portes, déchire des décors dans des plans séquences absolument magnifiques. D'un intérieur confiné on passe à un un extérieur lumineux. Bluffant.

Après Leto, Le disciple et La femme de Tchaikovski, Kirill Serevrennikov est un cinéaste que j'aime suivre de près. Même si je regrette également qu'ici tous les protagonistes parlent anglais avec un fort accent russe. Connaissant la facilité d'adaptation et le côté caméléon de Ben Whishaw, il aurait sans doute été très capable de parler russe. Il apporte d'ailleurs beaucoup de flamboyance à ce personnage narcissique, égocentrique souvent halluciné notamment dans une scène électrique où il répond aux questions de journalistes et intellectuels français (Sandrine Bonnaire, Céline Sallette, Louis Do de Lencquesaing) mais aussi rêveur sentimental invétéré qui ne cesse de revoir en hallucinations la femme aimée qui l'a quitté. Emmanuel Carrère, l'auteur du roman dont s'inspire le film fait une apparition lors d'une conversation avec son personnage.

Bien que pas toujours évidente, la ballade me donne néanmoins envie de tenter de m'intéresser au roman de Limonov Le poète russe préfère les grands nègres...

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le 5 déc. 2024

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