Il est un peu tôt, après seulement deux longs métrages, mais il semble assez évident que ce qu"aime par dessus tout Laura Wandel, dans son cinéma, c'est de nous placer en immersion, au cœur de toutes les tensions. Après la maternelle d'Un monde (quel film !), voici le service de pédiatrie d'un hôpital public, avec L'intérêt d'Adam dont le récit suit particulièrement le quotidien stressant d'une infirmière qui allie humanité, dévotion et discipline, dans la mesure de ses possibilités et au sein d'un quasi chaos. Une soignante héroïque (l'hôpital qui ne se fiche pas de la charité), ou presque, et qui se débat avec sa hiérarchie mais aussi avec des cas cliniques problématiques, comme celui de cette femme isolée, suivie par la justice, et de son enfant qui ne se nourrit pas correctement. Au plus près de ce désordre plus ou moins organisé, le film de la réalisatrice bruxelloise dit beaucoup sur les maux de l'hôpital et, plus largement, sur une certaine misère sociale. 73 minutes compactes suffisent à L'intérêt d'Adam pour nous faire ressentir un état fébrile permanent, avec une mise en scène aiguisée, un scénario au cordeau et une interprétation impressionnante d'une Léa Drucker qui n'en finit pas de sidérer par l'étendue de son talent. Dans un rôle beaucoup moins valorisant, Anamaria Vartolomei, confirme, elle, qu'elle est de la graine des grandes comédiennes.