Ma bonne note ne signifie pas que ce film est excellent, loin s'en faut. Il est bourré de défauts, le plus important à mes yeux étant l'interprétation très faiblarde qui m'a énervée pendant la moitié du film. La palme de l'incompétence dans ce domaine revient à Marie-Claude Pietragalla dont je me demande en quoi elle était essentielle pour jouer l'ex prof de danse vu qu'on ne la voit pas danser une seule seconde. Cette dame ne sait pas jouer ni dire un texte. Heureusement, elle se tait et est recouverte de maquillage dans la seconde partie et elle s'en sort donc beaucoup mieux. La jeune actrice principale n'est pas terrible non plus. Personne ne dit son texte de manière juste, mais il faut dire aussi que les dialogues sont mauvais, alors ça n'aide pas.
La première partie est vraiment gâchée à cause de ça, c'est dommage, parce que la seconde partie, celle de l'enfermement cauchemardesque dans la maison de Mme Jessel (la prof de danse) est vraiment chouette.
Les défauts ne se limitent pas à l'interprétation. Je n'ai pas aimé les flashbacks. Non seulement ils nous infligent le jeu pourri de Pietragalla, mais ils sont mal amenés et ne nous éclairent pas beaucoup sur l'origine du mal qui imprègne la maison et le personnage de Jessel.
La musique est trop invasive et hétéroclite. Il y a des moments où elle ne colle pas avec l'ambiance.
Dernier défaut : j'ai pas compris grand-chose à l'histoire de Jessel, sa maladie (?), sa nature (humaine ou non humaine ?) et celle de sa fille (rapport avec la taxidermie ?). C'est très confus et la fin pas terrible ne nous éclaire pas plus.
Après avoir bien chargé le film, je vais maintenant parler de ses qualités qui sont réelles et qui l'emportent sur les défauts, d'où ma bonne note.
D'abord, j'aime l'enthousiasme qu'on sent derrière le film. Les deux réalisateurs se sont certainement bien amusés à créer ces magnifiques décors inquiétants, cette immense maison remplie de bric-à-brac et ornée de têtes d'animaux empaillés. C'est la première grande réussite du film. Ils ont dû adorer concevoir les effets spéciaux et les maquillages horrifiques qui sont la deuxième grande réussite. L'aspect visuel rattrape largement tout ce qui cloche. Il s'est passé la même chose dans un de leurs films ultérieurs, "The deep House", que j'aime beaucoup pour les mêmes raisons. Les réalisateurs savent créer un univers visuel, des effets spéciaux horrifiques marquants et ça sauve - selon moi - leurs films, sans en faire des chefs-d'oeuvre pour autant.
On ne comprend rien, c'est mal joué, il y a trop de musique, mais on a droit et surtout, on garde en mémoire de sacrées belles visions d'horreur, et c'est ça qu'on vient chercher avant tout dans ce genre de film. Maury et Bustillo savent nous régaler en matière d'ambiance cauchemardesque et de visuel flippant. C'est parfois un peu trop et confus, mais c'est un fourre-tout qui reste très sympathique.
Visuellement, les personnages sont particulièrement soignés. Celui de Mme Jessel est effrayant à souhait. Physiquement, il rappelle celui de Tristana Medeiros dans [REC], avec son aspect squelettique et cireux de mort-vivant, ses cheveux blancs et ses ongles démesurés. Son masque à oxygène est aussi une excellente trouvaille. Elle est aussi marquante sonorement, grâce au bruit de son respirateur artificiel. Le personnage d'Anna, sa fille, allie horreur et beauté visuelles. Look virginal de ballerine, pâleur de cadavre et dents acérées, elle reste l'image la plus forte du film. La scène de lévitation dans le parc, avec sa jupe de tulle maculée de sang rouge vif, est à la fois dérangeante et magnifique - et bien supérieure à la fin.
Le film n'abuse pas du gore, mais quand il est présent, il est hard et très efficace (voir la mise à mort de Jessel).
Globalement, le film ne mérite peut-être pas plus que 6, mais malgré des maladresses et de la confusion, j'ai aimé ce cauchemar généreusement horrifique et l'enthousiasme et l'amour pour l'horreur qu'on sent chez ses créateurs, alors je monte jusqu'à 7.