"Liza" est un film déroutant. Entre surréalisme et provocation -dans des séquences sado-masochistes où Ferreri, tel Bunuel dans "Belle de jour", utilise à contre-emploi la blondeur romantique de Catherine Deneuve- se dessine obscurément la critique de moeurs qu'introduit le mode d'existence du personnage de Marcello Mastroianni, misanthrope réfugié sur une île déserte. Liza, comme lasse des mondanités, l'y rejoint par hasard et Ferreri d'observer la relation qui de noue entre elle et lui.
On se croit un temps revenu à l'épisode biblique d'Adam et Eve, où la solitude et la vie innocente de Giorgio paraissent menacées par Liza la pécheresse...prête à prendre la place du chien de Giorgio.
S'en suivent des scènes de sado-masochisme et de soumission qui signifient le retour à l'animalité et s'inscrivent probablement dans la condamnation et le refus de cette société de consommation que fuit le couple.
Mais le propos du cinéaste reste décidément difficile à interpréter et, que ce soit sur son île ou lors de son bref retour parmi les siens, Ferreri n'est guère éclairant sur les sentiments ou la philosophie de son héros. Passé l'instant de curiosité qu'il nous inspire, le film devient ennuyeux parce que figé et sans relief, dramatique ou humoristique.