Le cas Lizzie Borden est l’un des exemples les plus représentatifs de sexisme positif. En effet, le double homicide crapuleux et barbare de ses parents était, en 1892, une chose impossible à attribuer à une femme, représentant la grâce et la douceur, et elle fut tout simplement acquittée. C’est globalement ce que nous raconte ce petit téléfilm, avec en tête d’affiche la sublime Christina Ricci, idéale pour ce rôle. Néanmoins, bien que l’histoire ait donné lieu à de nombreuses adaptations et reportages, elle a aujourd’hui tout de suite moins d’impact. Deux meurtres seulement, et les tueuses en série on en a vu défiler depuis, et des bien plus meurtrières. Un inconvénient qui n’est hélas pas compensé par la réalisation, plate au possible, ni même par le scénario qui l’est tout autant. En fait, hormis le crime plutôt gore il n’y a rien qui fasse réellement élever cette histoire plus haut que les habituels téléfilms criminels, si ce n’est évidemment le casting, car en plus de Ricci on retrouve Clea DuVall (Stokely de The Faculty), ainsi que Stephen McHattie (le génial Grant Mazzy de Pontypool) et Billy Campbell (le docteur Farragut de Helix). D’un autre côté la production a eu le bon sens de ne pas faire s’éterniser l’aventure, ne dépassant pas les 90 minutes, nous épargnant l’ennui, et au final réussissant, peut-être bien malgré lui, à nous tenir en haleine jusqu’au final, qui lui en revanche semble avoir été plus recherché en terme de réalisation.
Chose très étonnante, la bande-originale n’a rien à voir avec ce à quoi l’on est habitué d’entendre avec ce type de film. Plutôt que de taper dans le classique ou le vintage pour coller à l’époque la production n’a sélectionné qu’exclusivement des morceaux rock/hard rock, un contrepied qui lui aura valu de nombreuses critiques de la part des internautes, alors que c’est au contraire l’une des petites touches d’originalité réussissant à briser la banalité de la mise en scène. Cette dernière a d’ailleurs été confiée à Nick Gomez, bien loin aujourd’hui de son La loi de la gravité (1992), qui en avait fait un réalisateur prometteur n’ayant finalement jamais rien fait d’autre que diriger ça et là un ou deux épisodes de séries à la qualité très fluctuante (Dexter, Veronica Mars, Le retour de K2000…). Même constat pour le scénariste, Stephen Kay, dont la plus grosse corde à son arc est Get Carter, ainsi que beaucoup de réalisations sur les mêmes séries que Gomez. Il est d’ailleurs à noter que la série qui a débuté en avril 2015, The Lizzie Borden Chronicles, est dirigée par Kay et non Gomez.
Lizzie Borden Took an Ax n’est donc pas ce que l’on pourrait appeler une grande adaptation. Manquant de saveur, il n’en reste pas moins un honnête petit divertissement qui trouvera son public auprès de ceux étrangers à l’histoire ainsi que des insatiables d’histoires criminelles. Il va sans dire que les fans de Christina Ricci y trouveront leur bonheur, l’actrice étant la rotule sans laquelle le film ne pourrait fonctionner.
Critique