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Au-delà des mots...
De Kim Ki-duk, je ne connaissais que son très beau "Printemps, été, automne, hiver, et printemps"... qui ne m'avait que moyennement séduite malgré son esthétisme parfait. Si je n'ai pas connu ce...
le 17 juil. 2012
J’aime énormément le cinéma coréen, que je trouve aussi violent que poétique, à travers des œuvres d’une puissance et d’une radicalité hors normes, tels que « Old Boy », de Park Chan-wook, ou encore « Memories of Murder », de Bong Joon-ho, qui font partie de mes films préférés. Il était donc temps que je m’intéresse au cinéma de Kim Ki-duk dont on m’avait vanté les louanges, et dont j’avais déjà découvert le très beau « Printemps, été, automne, hiver…et printemps ». Je lance donc « Locataires », et, arrivé au bout de l’heure et demie de visionnage, le constat est frappant : ce film est pour moi est des plus grands films jamais réalisés, qu’il m’ait été donné de voir. Je vais donc tenter de mettre des mots sur ce magnifique film qui m’a touché au plus profond de moi.
(Attention le texte qui suit contient quelques spoilers)
Tout d’abord de quoi parle le film ? Le film raconte l’histoire de Tae-Suk, un homme qui occupe des lieux inhabités sans jamais rien y voler. Un jour, il s'installe dans une maison aisée où loge une femme maltraitée par son mari. Le cœur du film se situe alors dans cette histoire d’amour qui va naître entre ces deux personnages, qui ne s’adresseront pas un mot pendant tout le film. Sans un mot, ils s'apprivoisent et s'aiment, et leur errance est salvatrice pour elle, qui réapprend à vivre, elle qui n’a connu que la colère et les cris. Selon moi le film symbolise toute la beauté qu’est le cinéma, soit raconter des histoires et émouvoir à travers l’image, transmettre des émotions par le langage corporel ou le regard. Toute la poésie du film se révèle par l’image, sans qu’il n’y ait besoin de dialogues. D’ailleurs, les seuls personnages qui parlent dans le film sont ceux qui veulent asseoir leur domination, ceux qui maltraitent leur femme (le mari) ou les innocents (les flics), ceux qui ne cherchent pas à comprendre l’autre, ou tout simplement à l’écouter. En opposition à ces personnages cruels, Kim-Ki-duk traite de ce couple d’une pureté infinie, qui vantent le bonheur de la simplicité des choses, comme réparer des objets, ou préparer des bons repas. Il existe dans “Locataires ” une philosophie simple et marquante : s’épanouir dans l’altruisme jusqu’à en devenir inexistant. Laver le linge sans que personne ne s’en rende compte n’est pas anodin. Les héros de notre histoire cherchent à embellir la réalité des autres sans rien attendre d’autre que la satisfaction personnelle d’avoir été bénéfiques malgré l’anonymat. Les rares fois où la trace que laissent Tae-Suk et Sun-Hwa se fait plus marquante, c’est en général une catastrophe qui prend place. Les protagonistes ne veulent pas peser dans la balance de l’existence, juste être sans paraître. Je ne pourrais énumérer pendant longtemps tous les plans exceptionnels que j’ai pu relever dans le film, comme ce plan final où les deux amoureux se retrouvent et s’embrassent sur cette balance, qui annonce « 0 kg ». L’équilibre est rétabli, les deux personnages ont enfin droit au bonheur, un bonheur teinté de mélancolie, car on ne peut confirmer que Tae-Suk est bien réel, lui qui erre tel un ange pour cette femme qui ne pourra jamais quitter l’emprise de son mari.
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le 18 avr. 2024
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