Premier film de Jacques Demy, qui regroupe déjà tous les ingrédients de son cinéma : des arrivées et des départs, des personnages qui se ratent, et des coeurs brisés. Personnages qui reviendront par ailleurs dans les futurs longs-métrages du cinéaste, avec le fameux Roland Cassard des Parapluies de Cherbourg, et Lola donc, qui réapparaîtra dans Model Shop.
Pour un premier long, c'est déjà porté par un noir et blanc superbe, et une mise en scène magnifique. Chaque comédien est étincelant à l'écran, et le tout est empreint d'une beauté et d'une poésie enchanteresse. J'adore l'aspect film choral de l'œuvre, qui met brillamment en parallèle toutes les caractérisations de personnages, dans ces occasions manquées et ces souvenirs perdus.
Et même si j'ai personnellement beaucoup aimé l'interprétation extravagante d'Anouk Aimée (je comprends qu'elle puisse agacer), j'ai eu un peu plus de mal face à d'autres lignes de dialogues et personnages bourgeois. Tout particulièrement celui de la jeune fille qui, il faut le dire, est bien souvent insupportable. De même, j'ai bien cru que le récit allait basculer dans une romantisation pédophile à gerber, notamment lors de cette scène de manège (que j'ai vécu comme un film d'horreur). Heureusement, il n'en est rien.
Enfin, j'aurais aimé croire à la théorie du faux happy-ending (comme pour La Baie des Anges). Cette résolution finale est bien trop convenue à mes yeux, et j'osais imaginer que ce dernier regard à bord d'une voiture eut une incidence certaine sur le futur de ces personnages. Malheureusement, j'ai fini par me rappeler des paroles de Roland Cassard dans Les Parapluies de Cherbourg :
Autrefois, j’ai aimé une femme. Elle ne m’aimait pas. On l’appelait Lola, autrefois...
Hâte de visionner Model Shop pour découvrir l'évolution de ces personnages, mais surtout, revoir Les Parapluies de Cherbourg avec ces nouvelles connaissances !
7,5/10
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