Je l'ai vu il y a une semaine et sans mentir, hormis le choix politique de l'actrice Mya Bollaers, Lola vers la mer ne m'a pas vraiment marqué. D'un côté, il a un côté doux-amer qui a su me toucher à certains moments mais d'un autre, je l'ai trouvé impersonnel et plat dans son scénario. Déjà, l'ensemble du film repose sur la relation des deux rôles principaux, un père et sa fille transgenre. Mya Bollaers amène une dose de sensibilité et de rébellion intéressante qui nourrit une certaine imprévisibilité et des nuances dans ses échanges avec Benoit Magimel. Ce dernier, dans le rôle du père bourru et dépassé, joue la délicate émotion de l'incompréhension entremêlée à l'amour paternel. Difficile de leur reprocher quoique ce soit. Ce qui m'a plus ennuyé, c'est les choix de mise en scène et le scénario quelque peu attendu de Laurent Micheli. Pour un film qui parle d'identité, je trouve ça étonnant qu'il manque autant de singularité. Dès le premier plan, on pense directement aux couleurs vives et à l'esthétique de Xavier Dolan par exemple. Le road-movie et ses rencontres rappellent Transamerica. On peut aussi citer Girl ou le récent Port Authority qui ont plus su m'embarquer dans leurs tumultes respectifs. Là, le scénario est porté par la transidentité mais je réalise que je suis incapable de définir le caractère, les gouts, les particularités intimes du personnage de Lola, comme si tout reposait sur ses tensions avec son père, le deuil de sa mère et son opération. Bien que l'interprétation soit convaincante, il m'a manqué des détails pour m'attacher et m'identifier à ses émotions intenses. Au final, Lola vers la mer m'est parvenu comme un passage à l'acte nécessaire, surtout dans le cinéma francophone, mais n'a pas eu l'étoffe d'une grande histoire de vie remuante et bouleversante. On en sort indemne, sans avoir vécu grand chose...