« Lola Versus » de Daryl Wein ambitionnait de dresser un portrait générationnel sincère sur la crise affective d'une trentenaire moderne. Mais derrière cette promesse séduisante se cache un film creux, qui enchaîne platement les poncifs sans jamais atteindre la moindre authenticité émotionnelle.
Lola, interprétée par une Greta Gerwig pourtant talentueuse, erre d’un échec à l’autre dans une succession de scènes prévisibles et désincarnées. Le personnage principal, censé être le cœur battant du récit, ne parvient jamais à devenir autre chose qu’une esquisse malhabile. Ses réactions semblent dictées par le besoin de cocher des cases narratives plus que par une véritable construction psychologique. En conséquence, toute tentative d'identification ou d'empathie est rapidement étouffée par la vacuité de l'écriture.
Le problème ne s'arrête pas là : la mise en scène, d’une platitude désolante, se contente d'aligner des séquences sans âme, incapables d'installer le moindre souffle dramatique ou la plus petite originalité visuelle. L’humour, qui aurait pu apporter un contrepoint salutaire au drame sentimental, tombe souvent à plat, donnant au film des allures de comédie molle, ni drôle, ni touchante.
Derrière un vernis d'air du temps — rupture, errance, quête de soi —, « Lola Versus » échoue à proposer la moindre réflexion un tant soit peu incisive sur les thématiques qu’il aborde. Ce qui aurait pu être une exploration fine des attentes sociales et des doutes intimes devient un enfilage de scènes convenues, sans relief ni audace.
Ma note de 4/10 traduit ainsi une profonde déception : celle d'un film qui semble croire que sa seule contemporanéité suffit à masquer son manque d'inspiration. On assiste, en définitive, non à une véritable quête intérieure, mais à un simulacre vidé de sa substance.
« Lola Versus » ressemble alors moins à une traversée du désert existentielle qu’à une promenade sans but dans les ruelles sans charme d’un cinéma indépendant en pilotage automatique.