7
le 23 oct. 2025
SuivreComme des poissons hors de l'eau
Cela ne manque jamais, chaque nouveau film d'Alberto Rodríguez est évalué à l'aune de son œuvre maîtresse : La isla mínima. Oublions-le un peu pour profiter à plein de Los Tigres, thriller...
Il faut reconnaitre à Alberto Rodriguez un œil affuté pour saisir une communauté marginale et des personnages forts dans un moment donné de la vie espagnole. C’était déjà le cas en 2014 avec « la isla minima », enquête policière dans un coin paumé du delta du Guadalquivir en Andalousie, au tournant de la démocratie après la mort de Franco. C’est de nouveau le cas avec « los tigres ». L’action se déroule de nos jours dans un port, ici Huelva toujours en Andalousie, dans le monde âpre et pourtant fraternel des services portuaires. Le spectateur comprend vite que le trafic de drogue utilise ces sites immenses et complexes pour acheminer de la drogue en Europe. Le décor est rude : navires, remorqueurs, raffineries, quais isolés. Cette rudesse répond à celle des personnages liés par l’amitié et la fraternité d’un métier dangereux ; des gens brisés par la vie, leur mauvais choix et la tentation de l’argent facile pour résoudre leurs problèmes. L’amitié et la fraternité des personnages embarqués dans ces opérations portuaires dangereuses ne pèsent pas lourd face à la possibilité de s’enrichir rapidement pour régler des problèmes financiers qui les maintiennent dans une forme de pauvreté à l’écart des richesses qu’ils servent. On comprend vite que les personnages ne font pas le poids et que leur « aventure » ne peut que mal tourner. Le talent d’Alberto Rodriguez est de coller aux personnages de les montrer avec leurs forces et surtout leurs faiblesses, ce qui crée un contraste avec les scènes sous-marines angoissantes, filmées sans le pathos hollywoodien, qui distillent l’angoisse. Les acteurs sont absolument crédibles — premiers et seconds rôles — dans la grande majorité des scènes. Dommage que le réalisateur ait choisi de ne pas développer les « méchants » qui sont fantomatiques et inquiétants, mais invisibles. Un film à voir tout comme il faut revoir la « isla minima ».
Créée
le 11 janv. 2026
Critique lue 5 fois
7
le 23 oct. 2025
SuivreCela ne manque jamais, chaque nouveau film d'Alberto Rodríguez est évalué à l'aune de son œuvre maîtresse : La isla mínima. Oublions-le un peu pour profiter à plein de Los Tigres, thriller...
7
le 9 janv. 2026
SuivreLos Tigres est typiquement le genre de film que l’on ne voyait pas venir et qui, sans être un coup de foudre, laisse une impression plutôt positive une fois les lumières rallumées malgré un final...
7
le 3 janv. 2026
SuivreAlberto Rodríguez, auteur espagnol reconnu dans son pays, autant pour ses films que pour ses séries TV, n’a guère été remarqué chez nous que pour son La isla mínima. Qui était une sorte de version...
7
le 3 juil. 2024
SuivreQuel film ! Je ne sais pas par où commercer pour écrire cette critique. Dois-je parler d’abord des destins croisés de personnages que le réalisateur suit au long de trois heures ? Dois-je parler du...
8
le 5 mars 2024
SuivreJe ne sais pas pour vous, mais il m’arrive de passer complètement à côté d’un beau film par pur manque d’attention. C’est ce qui m’est arrivé lors du dernier Festival de Cannes à propos de Firebrand...
8
le 14 sept. 2024
SuivreIl y a des films dont on pressent qu’ils deviendront des classiques dès les premières images. C’est le cas de ce « tatami ». Avant de parler du message transmis par le film, il faut s’intéresser au...