Los Tigres est typiquement le genre de film que l’on ne voyait pas venir et qui, sans être un coup de foudre, laisse une impression plutôt positive une fois les lumières rallumées malgré un final bien trop facile. Un métrage modeste mais soigné, porté avant tout par son duo d’acteurs, très crédible, et par une atmosphère singulière que je retrouve assez souvent dans le cinéma espagnol mais je ne saurais pleinement le définir si ce n'est qu'elle a son propre rythme, sa propre grammaire visuelle.
En tout cas, le film fonctionne beaucoup sur ses images sous-marines souvent contemplatives, indéniablement l’un de ses gros points forts. La mise en scène prend le temps de capter les corps en apnée, la pression, le silence étouffant, cette sensation de danger permanent qui plane dès que l’on passe sous la surface. Visuellement, c’est souvent très beau, parfois même hypnotique, avec un vrai soin apporté à la lumière et aux textures. On sent que le réal sait exactement ce qu’il veut transmettre, et surtout comment le filmer.
Le récit, lui, avance de manière assez classique mais efficace. Rien de révolutionnaire sur le fond, mais une narration suffisamment resserrée pour maintenir l’intérêt. Le duo central apporte une vraie densité émotionnelle, avec une relation fraternelle crédible, jamais forcée, qui permet au film de dépasser le simple exercice de style. Il y a quelque chose de très organique dans leur jeu, presque brut, qui colle bien à l’univers proposé.
Là où le métrage pêche un peu, c’est sur sa conclusion. La fin arrive de façon un peu abrupte, presque expédiée, avec une résolution trop facile par rapport à ce que le film avait patiemment installé (y'a aucun monde où il n'y a pas de répercussion suite aux évènements finaux sans en dire plus). C’est frustrant, parce que tout le travail d’atmosphère et de tension dans le dernier tiers méritait une sortie plus marquante, plus assumée, peut-être plus ambigüe. En l’état, cette dernière ligne droite fait légèrement retomber le soufflé.
Au final, Los Tigres reste un film plutôt solide, bien interprété et visuellement très réussi, qui se distingue par son ambiance et son identité, même s’il manque d’un final à la hauteur pour vraiment s’imposer. Une œuvre imparfaite mais sincère, qui mérite clairement un petit détour. C'est pour moi un solide 6.5/10 et on peut dire que je commence mon année cinéphilique 2026 de la bonne manière avec cette oeuvre-là.
A découvrir!