Deux âmes solitaires, perdues dans un maelström de lumières néons et de dialectes inconnus, se rencontrent un soir, telles deux planètes cherchant à s'attirer mutuellement par leur gravité.
L'un est Bob Harris, un homme d'âge mûr, éprouvé par la monotonie de son quotidien et par sa perte de repères sur une terre étrangère dont la culture ne cesse de lui sauter au visage comme un parasite. L'autre est Charlotte, une jeune femme au commencement de son existence, exprimant un sentiment inverse : elle se sent attirée par cette culture, en dépit d'un petit ami qui, ironiquement, lui semble bien étranger ces derniers temps
Sofia Coppola donne corps à la solitude de ses deux personnages en peine, l'exprimant par autant de repères visuels que par des dialogues de sourd dû à une barrière linguistique omniprésente. Peinant à se faire comprendre, Bob Harris doit alors choisir entre faire bloc de tout échanges , ou bien, telle Charlotte, se laisser emporter par le flot polysémique d'un pays dont il ne connaît rien.
La beauté de ce film vient avant tout de sa façon unique de mettre en scène l'amour naissant entre Bob et Charlotte, deux personnages tout droit sorti d'un tableau de Hopper, insomniaques à leurs heures perdues, et hésitant entre un plongeon à corps perdu dans une ville étrangère, ou la sécurité et le confort de leur situation stable.
Pourtant, les jours filent comme peau de chagrin, et il faudra alors faire un choix : l'évasion, où la sécurité ?