J'en garde un souvenir tout doux, amer. Comme le genre de souvenirs qui nous revient souvent, qui nous rend joliment triste, nous berce dans une douce mélancolie, une nostalgie presque agréable. Lost in Translation nous offre l'histoire d'une belle errance, celle qu'on a tous déjà vécu, celle où on essaye encore de trouver du sens et aussi un peu de vie, celle où on ne peut plus se dissocier d'une souffrance, un vide, que l'on incarne alors totalement. C'est en fait ce que nos errances pourraient être si on le voulait : un hôtel, la lumière toute bleue du matin, de grandes fenêtres, un lit vide et un peu trop grand, une ville qui s'éveille dans les yeux embués de Scarlett Johansson, et une belle rencontre. Une rencontre qui marque et qui redonne du sens, aussi temporaire qu'elle soit. Et c'est parce qu'elle est temporaire qu'elle est aussi importante : elle se savoure totalement mais simplement, sans artifices, sans intentions. Elle survient comme une parenthèse qui restera pour toujours, qui redonne du sens et du goût ou en fait perdre au reste des choses autour de nous.
Lost in Translation est l'histoire d'un joli égarement, en douceur, quand deux âmes brisées se rencontrent et ne se demandent rien, ne s'acharnent pas, mais essayent juste d'être encore là.