Lost in Translation par Ghadzoeux
L'histoire est simple : un homme, la cinquantaine, acteur de sa profession, se retrouve à Tokyo pour le tournage d'un spot publicitaire pour un Whisky japonais. une jeune femme, récemment marié à un photographe overbooké, se retrouve dans le même hôtel que l'autre protagoniste et découvre les mille et une facettes de l'ennui. leurs chemins vont inévitablement se croiser tant leur décalage (tant horaire que culturel les rassemble). sans pour autant franchir le pas de l'adultère consommé, une relation intense qui les marquera à jamais nait de leur rencontre.
Le deuxième film de Sofia Coppola (dont on ne présent plus le père) est un vrai bijou tout en nuances, tout en douceur.
Même si je paraphrase une critique lue récemment, au sortir du film on a le sentiment intense d'avoir visité et découvert Tokyo, ce qui en soit est à mes yeux un petit exploit. Bill Murray est vraiment le grand vainqueur de ce film tant sa prestation, tout en subtiles mimiques, air bougon légèrement cynique, est un régal. Bon j'avoue j'ai plus qu'un faible pour cette acteur, jusque là plutôt cantonné aux seconds rôles ou films de seconde zone. Scarlett Johansson est aussi très à son aise dans un rôle plus en retenues, en dérive, même si je ne lui connais pas d'antécédents cinématographiques.
Le film commence plutôt sur le ton de la comédie où Bill Murray nous régale dans des confrontations grandioses entre 2 cultures radicalement différentes (la séance photo et le tournage de la publicité sont des moments hilarants tout en finesse).
Sofia Coppola nous promène dans l'hôtel, dans la ville, dans les lieux branchés (ou pas) de Tokyo avec le même calme, la même sérennité. La lumière très douce donne un ton assez uniforme au film mais qui lui sied parfaitement, l'ambiance sonore se chargeant souvent de contraster suffisamment le film pour ne pas sombrer dans l'ennui (je vous rassure, on en est toujours assez loin de l'ennui).
La BO (façon "ma compil' préférée) est très bien assortie au film avec ses complaintes lancinantes (on aura déjà apprécié la superve BO du film précédent : Virgin Suicides composée intégralement par Air qui signe ici un morceau) et ses riffs plutôt planants. on trouvera d'ailleurs en hidden track un des passages forts du film où Bill Murray s'adonne aux joies du karaoké, une séquence pourtant plutôt trivial mais qui ici arrache sans effort le titre de "séquence émotion" tant la performance des acteurs est époustouflante.
Vous l'aurez compris j'ai plutôt aimé et franchement on pourra sans cesse prendre des exemples des "fils de" ou "filles de" qui ont du mal à se faire un prénom. Pour moi dans ce cas, c'est une réussite!
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