Adapté de la BD du même nom, Lou ! Journal infime est réalisé par Julien Neel, le papa de la BD, à partir des 4 premiers tomes. Appréciant grandement le dessin, la poésie, la douceur et la profondeur imagée de l’auteur, j’avais des attentes non exigeantes mais de plaisir vis-à-vis du long métrage.
Autant l’assumé tout de suite : le film est un échec.
Incapable de proposer un minimum d’action ou de tension, le film est un condensé de vide et de moment gênant. Le malaise devient constant et parsème bien trop souvent un film qui n’a rien à dire.
Julien Neel, en effet, a décidé, par limitation de proposer l’essentiel et non l’à-côté. Le résultat est un ensemble de personnages très vides, souvent mal joués (normal, un casting d’enfant est toujours difficile à pouvoir bien dirigé).
Globalement le film oscille entre Lou qui vit une passion forte mais cachée pour Tristan (allant jusqu’à un niveau pénal de stalking) et la mère de Lou, tellement dans son monde que sa fille s’en inquiète. Sans jamais réellement proposer de tensions ou d’enjeux le film avance petit à petit.
Visuellement, le film a pourtant une certaine originalité, des idées vraiment belles, mais peine à les réaliser sans tomber dans l’excès et un décalage constant en terme de photographie. Notons l’originalité toutefois.
De même le film se conclut de manière très intelligente sur le fait de passer du rêve à la réalité, et ainsi le sentiment de vide du réveil avant de réaliser concrètement quelque chose.
Le problème fondamental est donc là : un film très creux, chargé d’acteurs peinant à produire quelque chose d’intéressant (Kyan Khojandi avec une perruque est d’ailleurs une des pires idées du film, au point où lui-même ne semble guère faire d’efforts), incapable d’avancer dans un sens ou dans l’autre et donnant un sentiment général de sur-place.
Disposant d’un réel potentiel, Lou ne parvient pas à être autre chose qu’un film oubliable.