Le synopsis de Louise y va gaiement dans les révélations sur l'intrigue du premier long métrage de Nicolas Keitel, hormis pour "l'incident" de départ, que l'on a du mal à qualifier de la sorte, mais passons. Pas de doute, il s'agit d'un mélodrame des familles, c'est le cas de le dire, assumé jusqu'au bout et dont le but majeur semble être de nous tirer quelques larmes. Après tout, pourquoi pas, il y a de très beaux mélos dans l'histoire du cinéma et qui pourrait être contre un peu de romanesque dans nos vies ? Sans même évoquer son dénouement, attendu et appuyé, Louise se caractérise malheureusement par une propension à alourdir la note, là où il aurait fallu un peu plus de délicatesse pour se sentir moins prisonnier d'un étau émotionnel poussé à son paroxysme. Le film use et abuse de flashbacks, ce qui n'est jamais bon signe, en surlignant ses intentions à maintes reprises. L'histoire était déjà suffisamment chargée pour ne pas avoir besoin d'en rajouter sur la forme. On est un peu peiné pour Cécile de France, dont les dialogues la cantonnent à un rôle guère valorisant. Et que dire de Diane Rouxel, qui incarne celle qui revient, aux prestations souvent intenses et habituée à des cinéastes exigeants (Civeyrac, Mandico), dont le talent ne se discute pas, mais qui, ici, est réduite à pratiquement une seule expression faciale et à des bribes de mots prononcés ? Louise vise un public populaire et peut-être l'atteindra-t-il. Dommage que ce soit avec une pesanteur aussi encombrante.