Certes, et certains l'ont souligné ici, le film n'est pas sans défauts, ni sans une certaine naïveté, qui nuisent parfois à son propos : quelques effets didactiques trop appuyés, voire quelques lieux communs (le mystère du passé de l'institutrice, éventé dès le titre , Louise Violet, pourquoi pas Louise La Rouge, c'eût été plus rapide, les paysans taiseux, mais qui cachent un coeur d'or, les tirades sur l'opposition paysan / agriculteur, l'absence d'idéal républicain chez les dits paysans , comme si les Révolutions n'avaient jamais pénétré les campagnes etc...)
Le classicisme presque outrancier de la mise en scène a pu en décevoir certains, même si pour d'autres (dont je suis), il n'est pas un défaut mais aussi la preuve d'une certaine qualité, en premier lieu car il offre une clarté bienvenue au propos.
Car ne nous méprenons pas il ne s'agirait pas d'oublier l'évidence des idées (bien) défendues par le film : l'éducation et la culture sont des NECESSITES, et il est important de les défendre et de les chérir, qui permettent d'atteindre à un niveau supplémentaire de conscience et nous donne des armes plus grandes pour affronter notre pauvre condition humaine. Et que l'école (entre autres) nous fournit une bonne partie de ces armes.
Cette idée a été battue en brêche par certains imbéciles cyniques (j'en voudrais toujours à un certain rocker mondialement connu d'avoir écrit des lignes aussi stupides que '' we don't need no education, all in all it's just another brick in the wall, hey teacher leave the kids alone'' alors que ce millionnaire méprisant a fréquenté les meilleures écoles) mais le film fait justice à ces stupidités et nous rappelle l'importance d'APPRENDRE et de chercher à COMPRENDRE, même (surtout ?? ) pour les plus modestes.
A ce titre, la dernière phrase du film m'a beaucoup ému. Issu d'un milieu culturellement défavorisé, j'ai beaucoup lu le dictionnaire, quand j'étais enfant. Aussi ais je été touché par ce paysan qui dit (en substance) : ''maintenant, on a un livre à la maison et mon fils, un jour, sera un monsieur''.
Je n'ai pas ressenti cette phrase comme étant un appel à une bête ascension sociale mais plutôt comme un appel à dépasser le stade de la brute pour atteindre au statut d'être humain, ce qui, après tout, n'est déjà pas si mal.