Si l'histoire est cousue de fils blancs, en tout cas le propos est généreux et va à rebrousse-poils de la désinvolture actuelle vis-à-vis de l'éducation des enfants : une institutrice, c'est une sorte d'ouverture au monde et de promesse d'avenir. La "dépression française" fait jeter le bébé avec l'eau du bain : on ne considère plus l'école que comme un formatage qui ne dispense que des corvées. Une erreur fondamentale qui va nous précipiter dans le gouffre, à coup sûr, et que bat en brèche cette fiction généreuse qui pèche un peu par excès de bons sentiments. Mais qu'à cela ne tienne, les acteurs sont impeccables et, surtout, l'éclairage est à tomber. Qu'il s'agisse de scènes d'intérieur où la lumière se faufile en clandestine ou de grands espaces qu'elle inonde à profusion, selon la saison, on est saisi par la beauté de chaque plan. Et quel beau symbole que cette salle de classe sans murs ni toit, ouverte sur un paysage grandiose qui donne envie d'aller randonner en Haute-Loire ! Alors, on peu passer sur les vêtements impeccablement propres de cette fantassine de la République qui dort dans la paille et la résolution un peu facile des tensions qui agitent ce petit village comme les autres, retors au changement et recroquevillé sur ses habitudes, parce que ces deux heures passent comme des minutes tant elles sont pleines de grâce et de beauté.