Claudia Varejão nous présente son premier film scénarisé. La réalisatrice de Porto, qui a aussi écrit le scénario de ce film, avait jusque-là fait uniquement des documentaires. Il est donc peu étonnant de voir un résultat finale où la présentation des personnages et leurs contextes socio-économiques prévôt sur la création d’une histoire. Durant les deux heures du film, nous suivons Ana et Luis dans leurs vies açoriennes et queers. Le film par ses lenteurs cherche à montrer la lassitude de vivre sur une île. La mer, personnage du film par son importance, y est présentée comme une chance, économique et de voyage, mais aussi une prison vengeresse pouvant apporter la mort et l’isolement. On retrouve dans l’œuvre des obsessions portugaises : la religion, la famille et l’immigration. Je me questionne donc si une personne qui n'a pas vécu dans un contexte lusophone ou religieux comprendra toutes les émotions portées par ce film.