Il est rare qu’un film réussisse à cumuler autant de maladresses en si peu de temps. Avec Love Coach, Gabriele Muccino signe une œuvre qui, plutôt que de séduire ou d’émouvoir, donne l’impression d’assister à un naufrage méthodique de la comédie romantique. Mon 1,5/10 n'est pas un jugement à la légère : c’est la conséquence directe d'une série d'erreurs flagrantes qui rendent l'expérience pénible de bout en bout.
Premier constat accablant : le scénario est une coquille vide. Derrière l’idée pourtant universelle d’un père cherchant à reconstruire un lien avec son fils, le film ne propose qu’une enfilade de scènes creuses et sans âme. Aucun enjeu ne prend racine, aucune situation ne parvient à surprendre. Tout est téléphoné, mécanique, comme si l’histoire avait été écrite sur une table de fast-food en cinq minutes.
La galerie de personnages n'arrange rien. Tous semblent échappés d’un manuel de clichés : la mère parfaite, l’ex-femme distante, les voisines toutes plus superficielles les unes que les autres… Gerard Butler, censé porter le film, est étonnamment apathique, récitant ses répliques comme s’il attendait déjà le tournage suivant pour se réveiller. Même Uma Thurman et Jessica Biel, pourtant capables de nuances, se retrouvent réduites à des silhouettes inconsistantes, sacrifiées par une écriture paresseuse.
La réalisation, quant à elle, est d’une platitude désespérante. Gabriele Muccino, autrefois capable de capturer des éclats d’émotion sincère (À la recherche du bonheur), semble ici totalement absent derrière la caméra. Aucun choix esthétique fort, aucun rythme maîtrisé : Love Coach ressemble davantage à un épisode pilote raté d’une série oubliable qu’à un film de cinéma.
Le plus irritant reste sans doute cette incapacité à choisir un ton clair. Oscillant entre une pseudo-comédie jamais drôle et un pseudo-drame jamais touchant, le film passe son temps à se contredire, à naviguer à vue sans jamais trouver sa voie. À force de vouloir plaire à tout le monde, Love Coach ne plaît à personne.
Quelques maigres fulgurances – une ou deux scènes père-fils qui sonnent à peu près juste – ne suffisent pas à sauver ce naufrage. Elles ne font, au contraire, qu'aggraver l'amertume : voir que Love Coach aurait pu être meilleur rend son ratage encore plus frustrant.
En résumé, Love Coach n'est pas seulement un mauvais film : c’est un triste exemple de ce que devient une œuvre quand elle oublie tout ce qui fait la force du genre qu’elle prétend incarner. Manque de sincérité, de direction, d’âme… À tous ceux qui aiment la comédie romantique, je ne peux que conseiller d’épargner 105 minutes de leur vie.