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le 13 avr. 2021
SuivreStressed to Kill
Un véritable choc filmique, étonnant et malaisant tout à la fois. Unique réalisation de Robert Parigi à ce jour Love Object est un thriller anxiogène à l'horreur allant crescendo au gré de séquences...
Cet unique film (de Robert Parigi) a les moyens de troubler grâce à son postulat insolite et son développement sordide. Mais il manque de ressorts et ressemble à un Masters of Horror qui s'éterniserait. Love Object ne remue pas grand chose et s'en tient à balancer des faits 'chocs' courus d'avance, en maintenant une atmosphère 'creepy' sérieuse. L'humour omniprésent sert à atténuer la douleur ou à cultiver quelques ambiguïtés sarcastiques (notamment concernant le patron joué par Rip Torn).
L'esprit est donc sincère et entier. La mise en scène est sans détours, ses effets et ses mystères 'carrés'. Le problème vient de la faloterie des personnages. L'entourage est superficiellement décrit, chacun tient sur une caractéristique générale. Kenneth lui-même (par Desmond Harrington, futur acteur dans Dexter) est un protagoniste assez nul, excentricité mise à part ; on ne sait pas qui il est, ce qu'il a fait ou été, ni tellement ce qui l'anime ou occupe ses pensées. Il n'y a que cette passion pour Nikki la poupée de silicone. Le démarrage est prometteur mais le traitement restera terre-à-terre, exclusif et finalement tapageur.
Les préférences ont beau être anormales, les situations n'ont rien d'original. Le spectateur n'a plus qu'à se faire son propre roman à partir des éléments présents, riches en promesses. Ainsi Love Object se trouve dans un carrefour entre plusieurs références, ne partageant la radicalité ou la profondeur d'aucune : pour la frustration du mec isolé, il rappelle Schramm (d'un expert sur l'appel du vide), qui le dépasse pour décrire la solitude malade ; sur le fétiche et l'aliénation assortie, le porno La Femme Objet a déjà fait une jolie contribution ; pour les pantins maléfiques, Magic avec Hopkins était décidément génial avec et malgré sa candeur exacerbée.
Enfin concernant les histoires à base de jeunes hommes bizarres avec un job comme seule insertion sociale (par exemple Willard), ou plus généralement sur les excentriques doux tapis dans l'ombre (sorti à la même période : May), des dizaines d'essais plus ou moins audacieux sont déjà passés et Love Object est bien court face à eux. Love Object est donc à réserver aux amateurs de pellicules décalées, surtout s'ils sont novices et enthousiastes en la matière ; ou cherchant un reflet à leurs fantaisies, aux résultats de leur timidité ou de quelques vices. Don Jon donnera un point de vue plus vulgaire et hédoniste (et surtout plus moraliste) sur l'esquive de l'intimité à deux (ou simplement entre vivants).
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les plus fortes tensions sexuelles dans les films, Je suis un pervers, ne venez pas à mon secours !, Les meilleurs films de moins de 1h30, Premier Film et Le Classement Intégral de Zogarok
Créée
le 29 janv. 2017
Critique lue 419 fois
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