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Le statut d’idole
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le 10 févr. 2026
À partir d'un tel sujet, on pourrait légitimement penser que le réalisateur Kōji Fukada allait tomber dans certains écueils scénaristiques trop prévisibles pour que l'on ne ressente pas une sensation gênante de déjà-vu,
du genre une éventuelle tentative désespérée de la protagoniste de cacher sa liaison amoureuse à tout prix à son label, et une éventuelle dénonciation par un anonyme ou par quelqu'un de son entourage personnel ou professionnel,
mais il n'en est rien.
Dans cette même optique, vu le titre — ah, cette tendance bien agaçante des distributeurs français qui vous foutent quasi constamment des titres anglais pour des films asiatiques —, on aurait pu penser aussi que le procès allait prendre un gros morceau de l'ensemble. Or, il ne débute, après une ellipse de plusieurs mois, qu'au bout d'une heure (soit dans la deuxième moitié du long-métrage !) et les scènes se déroulant dans le tribunal peuvent se compter sur les doigts d'une main, tout en étant assez courtes.
Sinon, auparavant, on a le droit à une présentation non seulement des personnages (le principal, évidemment, mais aussi trois secondaires, à savoir le petit ami et deux des autres membres du groupe de musique auquel appartient l'héroïne de notre histoire — ce qui permet de montrer qu'il peut y avoir une solidarité entre jeunes femmes dans la même galère, apportant un peu de lumière dans une ambiance qui n'aurait pu qu'être sombre !), mais aussi de l'univers de la J-pop, milieu dans lequel ce n'est pas tant la musique, les chansons, les chorégraphies qui sont les plus importantes — soit tout le côté artistique de la chose —, mais les relations, très loin d'être saines (avec des conséquences pouvant être désastreuses !), que les idols sont obligées d'entretenir avec certains de leurs fans ; ces derniers — qui souffrent sans aucun doute de misère affective — donnant l'impression qu'ils n'ont qu'elles comme raison de vivre. Ben oui, plus une personne est fan… ou plutôt addict… plus elle achète tout ce qui est lié à son idol, plus le label gagne des tonnes de pognon. Et pour cela, le fan doit avoir l'impression d'avoir une sorte de petite amie à travers l'artiste qui l'obsède. Ce qui a pour conséquence cette aberration : une idol ne peut pas avoir de relation sentimentale dans sa vie privée. Tout ceci, Love on Trial prend bien le temps de nous l'exposer.
Et si le cinéaste n'évite pas quelques dialogues un peu trop explicatifs (sur des faits que le spectateur est capable de comprendre par lui-même !), il sait néanmoins s'appuyer sur sa protagoniste et l'actrice qui l'incarne, la charismatique Kyōko Saitō, pour mener efficacement le tout. En effet, la comédienne, sous une retenue et une politesse typiquement japonaises, parvient à faire ressentir la détermination en béton armé qui anime son personnage, la plupart du temps juste à travers son regard. On perçoit dès le début l'âme d'une battante, et c'est en grande partie cela qui rend la protagoniste attachante. On n'a pas envie de la lâcher jusqu'à ce que l'on connaisse son sort final. Et même si, visuellement, Love on Trial offre quelques petites fulgurances (les séquences de mime — doux moments suspendus — et celles de concerts notamment !), que, scénaristiquement, il creuse bien la toile de fond que sont les coulisses toxiques et cyniques de la J-pop, qu'il arrive à ne pas tomber dans la prévisibilité — ce qui rend la mécanique du film particulièrement intéressante —, ce que servent en fait les qualités susmentionnées, c'est ce beau portrait d'une jeune femme forte.
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Créée
le 26 mars 2026
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