Loveable
6.6
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Film de Lilja Ingolfsdottir (2024)

Une ode néfaste à la psychanalyse, à la culpabilisation et aucun intérêt esthétique

Je suis allée voir ce film avec mon compagnon pour éviter la canicule... Et vraiment, je ne regrette pas pour une seule raison : ce film l’a rendu plus sensible à la cause féministe. Pourquoi, me direz-vous ? Car ce film est un des films contemporains les plus misogynes que je n’aie jamais vus. Et il ne pensait pas que les femmes pouvaient recevoir des discours aussi culpabilisants. C’est incroyable. Pourtant, la réalisatrice est une femme.

Résumé du film : Madame se fait larguer, sombre dans une dépression sévère et tombe sous le charme d’un homme au physique de beau gosse banal pour midinettes. Il se nomme Sigmund, soit le prénom d’un grand escroc de notre siècle. La réalisatrice fait partie de la secte psychanalytique, je pense. Donc, notre héroïne fait deux nouveaux enfants avec cet homme. Et on voit son quotidien horrible. Son ex-mari ne vient pas chercher ses enfants, qui l’attendent la boule au ventre. Le nouveau mari n’est jamais là. Elle s’occupe donc de quatre enfants, elle est sans emploi, donc précaire, et est dépendante financièrement de son époux. Ses journées sont rythmées par le caca, le ménage, la nourriture, les courses. Cette femme est tendue et reproche à son compagnon son absence ; lui ne supporte pas les reproches et la quitte.

Et à ce niveau du film, on imagine une dénonciation un peu banale de la charge mentale. Et non !!!!! Car pour aller vite, cette femme consulte une thérapeute escroc, comme il y en a tant, qui lui explique qu’elle est coupable. Elle finit par comprendre que tout est de la faute de sa mère, que sa fille aussi est d’ailleurs méchante. Et elle fait des affirmations positives devant le miroir, ce qui est le climax du film, un des moments les plus pathétiques.

Puis, grâce à ces affirmations positives, cette femme, telle une serpillière, s’excuse auprès de son conjoint, car elle a compris qu’elle était le problème. PERSONNE ne dit à un moment donné dans ce film à cette femme : IL EST NORMAL DE DEVENIR COLÉRIQUE AVEC UNE VIE DE MERDE PAREILLE. Non, personne ne lui dit qu’elle est le produit de son environnement et que sa colère est déjà à mon sens saine, mais aussi inévitable. Non, c’est de la culpabilisation permanente.

Vraiment, j’ai une peine énorme pour les femmes qui vont prendre ce film comme un chemin à prendre.

Il lui est même reproché de ne pas se montrer plus enthousiaste pendant le sexe avec son compagnon. Et de ne pas se satisfaire de son innéficacité dans les tâches du quotidien. C'est une catastrophe.

CamilleBernard
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le 29 juin 2025

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Camille Bernard

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