Le message du film n'est pas spécialement féministe et ne semble pas porter un regard particulièrement systémique ou sociologique. On y voit d'abord une femme qui se débat dans un quotidien où il est difficile de s'investir à la fois sur le plan professionnel, sur l'éducation de 4 enfants, et dans sa vie amoureuse. Le premier père de 2 de ses enfants s'est désengagé de son rôle et le second père semble plus investir le travail que sa famille. Dans cette situation de crise, ce second père et compagnon souhaite se séparer d'une compagne, en pleine dépression et au bord de la crise de nerf. Ainsi, dans cette première partie de film, on peut effectivement penser que notre personnage principal n'est pas responsable de ce qui lui arrive.
Toutefois, le film aborde avec une grande justesse, beaucoup d'émotion et d'empathie, une question qui concerne de nombreux couples : comment la peur de l'abandon et du rejet vient détruire et saboter une relation. C'est une question qui est abordée dans de nombreuses thérapies et qui peut toucher et aider de nombreuses personnes.
Les scènes du quotidien de notre protagoniste sont analysées par la suite dans sa thérapie, on revient sur son enfance, sur l'ensemble de ses relations (mère, amie, fille, etc.) et sur toutes les croyances qui façonnent ses comportements destructeurs dans sa relation amoureuse actuelle. Quelle est donc sa part de responsabilité ? Comment peut-elle changer ses croyances et ses comportements pour obtenir de meilleurs résultats dans sa relation amoureuse et moins souffrir ? Pour voir l'amour qu'on lui porte, pour mieux communiquer ses besoins sans culpabiliser l'autre, pour s'apporter une confiance suffisante, pour s'autoriser à être soutenue sans contrepartie, etc.
Je suis en partie d'accord avec cette critique beaucoup plus négative du film https://www.senscritique.com/film/loveable/critique/326419529
Par contre, selon moi, la thérapeute du film ne la culpabilise pas. La thérapie n'est pas là pour lui signifier "tout est de ta faute, ma pauvre fille". Ce qu'on souhaite, c'est savoir comment on peut reprendre le contrôle sur nos vies, comment moins souffrir d'une vie de merde dans un système capitaliste et patriarcal. Sans forcément mettre à la poubelle le couple hétéro, les rôles genrés etc.
Pour terminer, je suis d'accord, on a aussi besoin d'autres modèles, en dehors des normes qui nous contraignent. La colère de notre héroïne est saine dans un monde malade...mais ça ne répond pas à la question : comment se sentir mieux dans cette réalité, sa situation, pas dans une autre.