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le 2 févr. 2017
SuivreLoving v. Virginia
Dans une période où les films sur la ségrégation et la discrimination entre noirs et blancs pleuvent dans le cinéma hollywoodien actuel, Jeff Nichols tente à son tour de s’aventurer dans le combat...
Loving n'est pas évident à caractériser. Il fait preuve en tout point d'une étonnante retenue, Jeff Nichols semblant attentif à ne (surtout) pas jouer sur l'aspect mélodramatique qu'un tel sujet laissait prévoir. La scène d'introduction est touchante par son dépouillement même. Elle contient en germe le propos du film : pas d'afféterie, et une volonté d'aller dans le commun, non pas dans le sens péjoratif de lieu commun, mais dans le sens de ce qui concerne tout le monde.
Ce sont d'emblée deux communautés opposées qui sont montrées lors de la scène de la course de voiture. Les noirs cadrés ensemble, les blancs cadrés ensemble, et Richard Loving au milieu. Le décor est planté d'emblée, sans qu'il soit besoin d'injures raciales ou autres. Dans Loving, une brique simplement posée dans une voiture y est aussi oppressante que si elle avait été jetée à travers la vitre. C'est que le racisme, en plus d'être institutionnel, y est montré comme la chose la plus ordinaire du monde, un simple héritage culturel.
L'arrêt de la cour de justice est bien sûr le point culminant du récit, mais même cela est désamorcé par un montage alterné offrant plus d'importance au dîner en famille des Loving. Ce qu'ils ont gagné, c'est simplement le droit de vivre comme tout le monde. En ce sens le photographe de presse, plutôt que des clichés sensationnels, préfère prendre l'affection sincère que se voue le couple. Une simple image de fusée décollant vue à la télé par les Loving pose la question : comment un pays aussi avancé technologiquement peut être par ailleurs aussi rétrograde?
Le film avance ainsi par petites touches, aussi mutique la plupart du temps que ses personnages. Ce n'est pas juste, se plaint l'homme, au début. Voyant que cela ne sert à rien, il subira la suite en silence, obstiné, borné. La femme est noire, elle sait déjà que les récriminations sont inutiles.
D'abord déroutant, Loving, aussi acharné et têtu que ses personnages, finit par convaincre et même séduire, malgré une musique peu inspirée, faite de nappes lénifiantes d'instruments à cordes.
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Créée
le 12 sept. 2024
Critique lue 8 fois
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