Lowland Kids présente un frère et une sœur sur plus d'une décennie de vie sur l'ïle de Jean Charles qui disparaît un peu plus tous les jours sous la montée des eaux du réchauffement climatique. Premièrement : ce binôme de frangin-sœurette est adorable. Ils s'aiment fortement, ont toujours les mêmes jeux dix ans plus tard, comme si le temps (avec un mioche sur les bras, pour Monsieur) et l'inéluctable disparition aquatique n'avaient jamais compté. On suit aussi ce vieil Oncle qui refuse de déménager de sa bicoque sur pilotis, alors qu'il est handicapé, mais sa décision se comprend bien vite : le gouvernement a rechigné à financer le déplacement des habitants de cette île dans des quartiers aménagés, et une fois qu'il s'est décidé, il a fourni des logements en carton (littéralement : au bout de quatre ans, les maisons tiennent pas un fil), forçant certains à revenir sur l'île, préférant vivre dans la flotte que dans du carton. Bienvenue dans le monde moderne, dans une société où "tout va bien", tant qu'on ne demande pas de faire du social (l'handicapé qui revient dans sa maison, dont il arrive péniblement à gravir les marches tombées en lambeaux entre-temps... Mais, vraiment, dans quel monde on vit ?!). Lowland Kids est un documentaire très bien équilibré dans ses sujets : social, écologie, famille... Mais un peu moins dans sa durée (on nous a révélé qu'il s'agissait à l'origine d'un court-métrage de 30 minutes qui a été par la suite rallongé d'une heure... "Ça se sent", non pas qu'on s'ennuie, mais il y a une demi-heure vraiment parfaites, et une heure qui radote un peu). Dans l'ensemble, le message est tellement fort, tellement scandaleux (il reste encore une flopée de personnes qui vivent dans ces maisons en passe de constituer la Nouvelle Atlantide, juste parce que les États-Unis ne sont pas fichus de leur offrir des logements salubres... Une honte), qu'il faut absolument voir Lowland Kids. Apportez votre bouée.