Sorti en 2022 et réalisé par Peggy Holmes, Luck est une production américaine imaginée sous la houlette de John Lasseter pour Skydance Animation. Disponible sur Apple TV+, le film appartient au registre de la comédie fantastique. Il suit Sam, une jeune fille orpheline à qui tout semble porter malheur, jusqu’au jour où elle découvre le monde secret où s’organise la chance. Là, elle entre en contact avec un chat noir écossais et toute une série de créatures qui contrôlent les flux de fortune et de malchance dans le monde des humains.
L’ensemble est visuellement propre, souvent agréable à regarder, porté par une direction artistique soignée quoique générique. Le film bénéficie du savoir-faire de Lasseter, ce qui lui garantit une certaine rigueur technique et une fluidité de narration. L’ambiance globale reste chaleureuse et rassurante, avec une volonté claire de proposer un univers fantastique réconfortant, dans la lignée des productions familiales les plus classiques.
Mais cette base solide est rapidement fragilisée par un scénario trop peu ambitieux. L’univers de la chance est mal défini, avec des règles floues et une esthétique futuriste sans cohérence réelle. L’intrigue peine à maintenir l’attention, et les relations entre les personnages restent mécaniques. La dynamique entre Sam et le chat noir Bob manque de subtilité et ne parvient jamais à créer un vrai attachement émotionnel. Pire, le message moral est bancal : le film cherche à valoriser la malchance comme une composante naturelle de la vie, sans jamais en démontrer la nécessité. Là où Vice-Versa excellait dans la transmission d’idées complexes à un jeune public, Luck échoue à justifier la notion d’infortune, se contentant d’un discours plat et peu inspiré. La durée, bien trop longue, alourdit encore l’expérience, avec de nombreux moments creux.
Luck ne démérite pas totalement : il reste regardable, plaisant par endroits, et témoigne d’un savoir-faire industriel encore intact. Mais il illustre aussi les limites d’un Pixar-like sans véritable vision. Accueilli tièdement à sa sortie, il n’a laissé aucune empreinte dans le paysage ni suscité un engouement durable. Un film que l’on oublie vite, et qui illustre plus une occasion manquée qu’un véritable rendez-vous réussi.