Une blague de collégiens (genre grands dadais, dans l'esprit de l'époque, joués par des comédiens déjà trop vieux) fait passer l'un d'eux pour le fils de la célèbre actrice de théâtre Lucrèce. Contre toute attente (et contre toute vraisemblance pour tout dire), celle-ci s'en amuse et joue le jeu.
Le sujet-même du film est bête ; Léo Joannon l'étire laborieusement sur le mode d'une comédie balourde et longtemps insignifiante, dans laquelle Edwige Feuillère, conformément à son rôle, cabotine, fait de l'esprit, jusqu'à en devenir pénible. En face d'elle, l'orphelin François, son faux fils et vrai amoureux, adolescent avec des affectations de gamin, et donc pas très cohérent, est joué par le transparent Jean Mercanton.
Et puis la dernière partie du film, introduite par une rupture de ton qu'on pressentait, donne enfin un peu de poids et de sens à la relation sentimentale ambiguë entre Lucrèce et François. Malheureusement, on passe d'un contraire à l'autre, d'une futilité puérile au mélodrame sentimental grossier où Joannon et l'autrice du scénario sont tentés par le non-dit amoureux et le pathos. Sans la moindre subtilité. Pour donner du corps à la relation entre les deux personnages, il aurait fallu davantage de sensibilité et moins de badinage.