Cinco lobitos (Cinq louveteaux), le titre original du premier long-métrage de Alauda Ruiz De Azua, fait référence à une comptine très connue en Espagne. C'est l'une des petites choses que se transmettent les mères à travers les générations, soit précisément le principal sujet du film qui traite de la maternité, du couple et des sacrifices à faire dans le cadre d'une vie familiale, bouleversée par l'arrivée d'un nouveau-né. Une histoire pas aussi simple qu'il n'y parait mais racontée avec un naturalisme acidulé où l'humour se mêle à une certaine cruauté, pour mieux laisser éclater des bulles de tendresse et l'émotion qui en découle. Cinco lobitos est moins brillant qu'un Almodovar, bien entendu, mais tout y sonne juste grâce à des dialogues acérés et à une finesse d'écriture qui se retrouve jusqu'aux moments les plus périlleux du point de vue dramatique. Les hommes sont un peu en retrait, pas très courageux en vérité, dans ce bal des mères, la plus jeune et l'ancienne, chacune avec un caractère bien trempé, quitte à commettre quelques erreurs de parcours. Laia Costa et Susi Sánchez.ne figurent pas parmi les actrices espagnoles les plus célèbres (en France, en tous cas) et c'est un atout supplémentaire pour les rendre plus crédibles encore, dans des rôles pas spécialement sympathiques d'ailleurs mais qu'elles défendent avec une belle vitalité.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Créée

le 27 oct. 2022

Critique lue 456 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 456 fois

2

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8120 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021