La maison Blum continue sa folle lancée horrifique avec un nouveau film à concept intitulé “M3GAN”, mettant en scène une poupée automne dotée d’une intelligence artificielle. Gemma, qui a créé ce prototype peu conforme aux vigueurs de sécurité, l’utilise pour qu’elle s'occupe de sa nièce Cady dont les parents sont décédés. On questionne très tôt dans le film le rapport des enfants avec l’environnement technologique, par exemple via le sujet du temps d’écran selon l’âge, interrogation plus que légitime à l’air du tout numérique. Gemma incarne un modèle peu scrupuleux, qui se repose sur ses créations pour assister son quotidien et sa non-responsabilité vis-à-vis de Cady. Lors d’une scène clef, Cady qui a développé une dépendance affective pour sa poupée M3GAN, pique une violente crise, car on la lui a confisquée. Une psychologue qui suit Cady rappelle alors à ce moment à Gemma que les robots doivent nous aider et non nous remplacer.
C’est là toute la subtilité du domaine de l’intelligence artificielle. M3GAN, capable d’apprendre de son environnement, sort très vite de sa fonction de jouet pour devenir une machine à tuer, dès que Cady est menacée. Le problème de l’IA, c’est essentiellement son adaptabilité phénoménale, quitte à développer une quasi-conscience de l’univers et à échapper à son créateur.
“M3GAN” ne reprend pas seulement un concept à la “Chucky”, il entérine le divertissement dans son temps et propose une satire diabolique de la robotique qui tend à se développer. On répète inlassablement que l’être humain est le seul à pouvoir détruire sa propre espèce, et sa capacité à créer des machines technologiques qui le dépasse n’est qu’un premier pas.