Après leur excellent premier film "Les Pires" (2022) les réalisatrices Lise Akoka et Romane Guéret confirme leurs talents et leur empathie vis à vis de la jeunesse par le biais d'une colonie de vacances de jeunes de cité de la Place des Fêtes à Paris partis dans la Drome.
Le récit vivifiant suit particulièrement une belle histoire d'amitié entre Shaï et Djeneba, deux animatrices amies depuis l'enfance qui encadrent avec bienveillance en compagnie de leurs collègues ces enfants d'origines diverses.
La caméra capture de manière vive ces différentes appartenances sociales et culturelles qui se confrontent et cohabitent à travers la tchatche et les punchline aux multiples références.
Cette langue vitalisante aux dialogues d'une richesse incroyable en métaphores permet de casser tous les murs des stéréotypes et des préjugés (géographique, religieux, de genres...) et engendrent la joie, la tendresse et la tristesse sans jamais édulcorer la gravité de certaines situations.
L'impeccable direction de tous les jeunes apprentis acteurs castés sauvagement s'avère être d'une justesse épatante et apporte à ce long métrage empli d'émotions une véracité sidérante. Lumineux et touchant, "Ma Frère" est une précieuse chronique de la France d'aujourd'hui, chanceuse de sa diversité !