🎬 MA FRÈRE - Lise Akoka et Romane Guéret | ⭐ 5,5/10
Après Les Pires, premier film largement salué par la critique mais auquel je n’avais pas vraiment adhéré, les deux réalisatrices reviennent avec un second long métrage qui, hélas, ne m’aura pas davantage convaincu.
Le principal atout du film tient à son indéniable souci du réalisme : une caméra souvent placée à hauteur d’enfants, qui jouent tous avec un naturel confondant, une énergie brute qui cherche à capter le quotidien sans fard. Sur ce point, la démarche est sincère et parfois touchante. Mais à force de vouloir coller au réel et de chercher à emprunter les codes du documentaire, le film oublie de mettre en scène et ne dépasse jamais le stade du téléfilm trop appliqué.
Le regard posé sur cette enfance sans repères se veut sans doute juste, parfois même plein de tendresse. mais il glisse trop souvent vers quelque chose de paternaliste, presque condescendant malgré lui. À force de filmer ces enfants exclusivement à travers leurs manques (de repères, de vocabulaire « normé », de cadres familiaux stables, de codes sociaux) le film finit par les réduire à ces carences.
La caméra adopte le point de vue de l’adulte qui regarde « ces enfants-là » avec une compassion appuyée, parfois même une forme d’étonnement attendri lorsqu'ils manifestent une émotion ou un désir de culture. Comme si lire un livre, chanter Barbara ou réclamer de l’attention devenait un petit miracle. Autant de scènes qui semblent calibrées pour attendrir, au détriment de la spontanéité et qui renforcent l'impression d'observer des personnages très archétypés, comme des curiosités sous cloche.
Le récit, de son côté, ne réserve que peu de surprises et tourne vite en rond, et l'on finit par s’ennuyer autant que ces enfants dans leur camp de vacances de la Drôme.
Malgré une énergie réelle, une générosité évidente et une authenticité revendiquée, Ma Frère est un film rafraîchissant sur le papier, mais qui peine à convaincre et donne une impression de calcul permanent, créant ainsi un paradoxe : vouloir capter le vrai à tout prix, mais finir par en perdre la force.
Comme l'impression d'avoir vu Un petit truc en plus version cités.
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