L'idée n'était pas mauvaise, pourtant : faire d'un jeune d'origine tunisienne ne s'intéressant strictement à rien si ce n'est lui-même (un jeune d'aujourd'hui, quoi), la figure (française) presque malgré lui de la révolution ayant amené à la chute de Ben Ali, amenant notre héros à se prendre au jeu et s'impliquer un minimum dans les événements. La sincérité de Ramzi Ben Sliman est évidente, mais encore aurait-il fallu faire réellement évoluer son personnage principal et surtout à le rendre moins agaçant, pour ne pas dire autre chose. Alors OK : cela permet de le rendre crédible, mais la crédibilité, c'est bien gentil quand vous n'en avez pas grand-chose à faire de ce que l'on vous raconte et que vous ne vous attachez pas aux protagonistes.
Au final, hormis sentimentalement, Marwann évolue tellement peu que je ne comprends pas bien ce qu'a voulu exprimer le réalisateur : qu'au final on ne change jamais vraiment ? Que ce genre de « rôle » est trop lourd à porter pour un adolescent de quinze ans, surtout lorsque ce dernier le voit comme une opportunité pour draguer la fille qui lui plaît ? J'ai parfaitement conscience que cette critique risque de paraître ampoulée, voire sans réel fil conducteur, mais je suis tellement décontenancé devant des titres pareils, au budget manifestement très limité, d'une grande pauvreté formelle (que l'image est médiocre) et si peu clair dans son propos que je me retrouve presque pris au dépourvu.
Reste la relation que le jeune homme entretient avec ses parents, et encore, là aussi nous restons clairement à la surface, sans jamais développer le raisonnement de l'un et de l'autre (notamment celui du père) pour que l'on puisse s'en satisfaire. Alors peut-être certains y verront le portrait d'une jeunesse perdue dans ses repères et se « construisant » des idéaux qu'elle ne maîtrise pas : pourquoi pas. Personnellement, je n'y ai vu qu'un film terne, fade et légèrement ennuyeux, ne tirant presque aucun parti de sa dimension politique et sociale sur la génération future. Sans grand intérêt.