Critique publiée initialement sur Theacin: http://theacin.blogspot.fr/2016/08/ma-vie-de-courgette.html
Icare, alias Courgette, a tué accidentellement sa mère alcoolique. Il découvre alors la vie en foyer avec d'autres enfants. Courgette est confronté à l'intégration dans son nouveau lieu de vie, aux violences des histoires familiales de chacun, mais trouve une stabilité entre la camaraderie, ses sentiments pour une fillette et la bienveillance d'un policier.
Ma vie de courgette est un film d'animation réalisé en stop-motion qui sert avec une incroyable douceur et délicatesse un sujet difficile. Les personnages, les décors et l'ambiance sonore rendent compte d'une expérience qu'aurait pu vivre n'importe quel enfant placé.
La violence des parents et des familles, la maltraitance ne sont pas occultés mais au contraire évoqués par les enfants comme les adultes sans pathos ni jugement: les personnages font simplement un constat de leur situation. Courgette atterrit dans un foyer au personnel bienveillant et attentif au vécu des enfants, tandis que l'on découvre par exemple les tentatives de manipulation de la tante de Camille, heureusement découvertes.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le happy end n'est pas si évident à amener vu le malaise provoqué par ce mélange de doux-amer tout au long du film. Il y a aussi cette comparaison que l'on peut faire avec d'autres oeuvres traitant du placement en foyer, comme J'viens de l'incendie, de Keny Arkana. Chez elle, pas de douceur ou de policier qui adopte, au contraire. De quoi contrebalancer de façon moins optimiste la réalité des gamins perdus.