Un film d’une force rare, qui plus est d’autant plus efficace car film d’animation (en volume). Les enjeux sont immédiats et d’une grande explicité, car dès la première minute l’on comprend l’ampleur de la gravité de la situation et de ce qui va s’en suivre. Le sujet traité est sérieux, malheureux et dramatique, des attraits mis en avant par une réalisation aux couleurs parfaitement dosées et choisies, à la simplicité aussi frappante qu’efficace et à la narration surprenante. Le film est vu par les yeux de Courgette qui raconte son histoire et par conséquent ne se rend pas pleinement compte de ce qu’il se passe, du haut de ses 9 ans (le seul souvenir qui lui rappelle sa mère est une cannette de bière, ce qui veut dire que son alcoolisme est tout ce qu’il a connu d’elle et ce qu’elle représente). D’ailleurs, ses amis au foyer sont dans le même cas : leur historie est dramatique mais sortie de leur bouche, elle semble perdre en gravité. L’histoire de chacun est racontée sans fioritures, sans superflu, telles quelles, les rendant ainsi encore plus graves et réalistes. Cette petite histoire met aussi en avant les plaisirs de l’enfance et la simplicité du bonheur, et en particulier d’un bonheur si dur à atteindre pour des enfants comme eux. Un récit sur le plaisir, la confiance, l’amitié, la vie, la mort, le deuil, l’abandon, mais aussi l’espoir car Courgette, malgré les drames, continu d’espérer grâce à ses amis et à Raymond. L’animation volume est un atout évident pour l’impacte de l’histoire, permettant d’accentuer les traits physiques et psychologiques dans la représentation des personnages. Ma vie de Courgette est un petit film sans prétention mais avec un énorme potentiel de réalisme et d’émotion.